On ne roule plus dans la rue Amine Gemayel

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01/12/2010 – Par Roger KFOURY
Dans l’édition de L’Orient-Le Jour du 20-11-2010, j’ai lu une manchette à la une qui a attiré mon attention et qui reflète l’impression d’un grand nombre de Libanais qui considèrent que cela qualifie exactement l’état nauséabond dans lequel malheureusement nous nous trouvons. Et ce titre est tellement bien trouvé que je viens le confirmer d’une façon pertinente.
La rue Amine Gemayel est un tronçon de route qui commence à la pharmacie Naïm, à Achrafieh, et se termine sur la Corniche du Fleuve, face à l’agence Fiat.
C’est l’une des principales voies d’accès et de sorties nord qui relient Achrafieh et ses alentours aux autres régions du pays. C’est une rue où il est autorisé de stationner du côté droit vers la descente, et strictement interdit du côté gauche vers la descente, car c’est une rue étroite qui ne peut supporter quatre files de voitures. C’est par cette rue étroite que transitent toutes les voitures utilitaires qui viennent faire leurs livraisons dans ces régions, et c’est par là aussi que passent les riverains pour aller à leur travail ou bien pour venir y travailler. C’est par là aussi que passent chaque matin et chaque soir les bennes de Sukleen ainsi que les camions-citernes qui distribuent l’eau ou le mazout, et c’est par cette rue que passent enfin les camions-citernes qui transportent le ciment jusqu’aux chantier, et il y en a foule, sans oublier qu’un grand nombre de personnes se sont mises au goût du jour et ne se déplacent en ville qu’avec des 4×4.
Le drame est que certains Libanais, qui n’ont aucune notion des droits civiques et, même instruits, ne savent ou ne veulent pas tenir compte des plaques installées à gauche vers la descente, interdisant le stationnement, ces personnes sans-gêne stationnent impunément du côté interdit, sans se soucier du mal qu’elles occasionnent aux autres. Le résultat, c’est un bouchon permanent.
Pour traverser ce tronçon de 200 mètres, il faut compter entre 20 et 30 minutes chaque matin, midi et soir. C’est par là aussi que passe une ambulance transportant une malade qui peut mourir en route avant d’arriver à l’hôpital ; c’est aussi à cause d’un bouchon qu’un médecin ne peut arriver à sa clinique pour un cas d’urgence.
Ce tableau que je décris doit donner des frissons à toute personne sensée qui vit dans ce pays de toutes les imbécillités, comme vous l’avez bien mentionné.
Messieurs les reporters des stations de télé, je vous convie à venir filmer ce qui se passe dans cette rue et je vous conseille de venir en moto – autrement vous n’arriverez jamais.
Messieurs les responsables de la circulation, veuillez envoyer un agent chaque matin pour verbaliser ces récalcitrants ; peut-être est-ce la solution pour éviter à tous les passants par cette rue d’être atteints de nérvose. Je cite une station de télé qui, après enquête auprès des pharmacies, a trouvé que 35 % des Libanais s’adonnent à des tranquillisants. Et si ces anomalies persistent, tous les Libanais, et surtout les conducteurs et conductrices, seront atteints d’une névrose chronique due aux problèmes de la circulation d’une part, et d’autre part aux programmes politiques dont on nous abreuve matin et soir.
Roger KFOURY, Ingénieur, pour l’Orient Le Jour