Création de l’Association libanaise pour le développement de la psychanalyse

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25/11/2010

De gauche à droite : Wafica Kallassi, Mona Charabaty, Marie-Thérère Khair Badawi et Maurice Khoury lors de leur intervention.

De gauche à droite : Wafica Kallassi, Mona Charabaty, Marie-Thérère Khair Badawi et Maurice Khoury lors de leur intervention.

C’est au cours d’une rencontre à l’hôtel Le Gabriel qu’a été donné le coup d’envoi de l’Association libanaise pour le développement de la psychanalyse (ALDeP), premier groupe de l’International Psychoanalytical Association (IPA) dans un pays de langue arabe, en présence du grand psychanalyste français, René Roussilon. Cette rencontre était divisée en deux temps : la présentation de l’association par ses membres fondateurs et la conférence du Pr Roussillon.

L’Association libanaise pour le développement de la psychanalyse a pour objectif, d’une part, de faire connaître la psychanalyse en tant que discipline, telle qu’elle se développe dans le monde d’aujourd’hui et, d’autre part, de former de nouveaux analystes.

Fondée par cinq psychanalystes libanais membres de l’International Psychoanalytical Association (IPA), cette association est officiellement reconnue par l’État libanais le 26 mars 2009 (Journal officiel du 2/04/2009). Elle ne tarde pas à être rattachée à l’« International Psychoanalytical Association » qui la reconnaît en janvier 2010 en tant que groupe, le premier dans un pays de langue arabe. Cette dernière démarche s’accorde avec l’idée qu’il n’est pas dans l’intérêt de la psychanalyse d’aujourd’hui de rester en marge d’un mouvement psychanalytique qui regroupe des sociétés aussi riches scientifiquement que diversifiées dans leur complémentarité : soixante-dix sociétés de par le monde et douze mille adhérents.

Le premier temps de la rencontre a été donc consacré à une présentation générale de l’association, ses objectifs, ses perspectives de recherche et de formation des psychanalystes et sa contribution à la propagation de la psychanalyse au Liban. Des interventions brèves, ciblées, et potentiellement riches d’interrogations ont été prononcées, mettant l’accent sur la politique générale d’ouverture aux courants de pensée psychanalytiques, l’affiliation et les échanges internationaux, la rigueur dans la formation en même temps que l’aptitude à l’inventivité que gagnerait à avoir un psychanalyste dans sa pratique et, enfin, la dialectique, voire le paradoxe, dans l’articulation entre la quête de la « vérité » et le risque de sa perte quand elle vient à être « organisée » dans une institution.

Professeur de psychopathologie et de psychologie clinique à l’université Lyon II, dont il a dirigé le département de psychologie pendant 30 ans, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris et auteur de plusieurs ouvrages, dont l’un a reçu le prestigieux prix Bouvet en 1991, René Roussillon a captivé son auditoire dans son intervention sur le thème des « Fondements de la psychanalyse ; l’associativité et le transfert ».

À partir de la méthode fondamentale de la psychanalyse, l’écoute de l’associativité psychique, le conférencier a montré comment les principaux concepts de la pratique et de la théorie psychanalytique se déduisent logiquement de cette méthode fondamentale. L’intérêt actuel de centrer la théorie et la pratique psychanalytique sur l’associativité est que celle-ci apparaît aussi comme le mode de fonctionnement du cerveau selon les dernières recherches en neurosciences. D’ailleurs, membre du « Cercle psychanalyse et neurosciences », cet infatigable chercheur essaye de s’interroger sur la manière dont ces deux disciplines peuvent s’enrichir réciproquement au lieu de les dresser l’une contre l’autre. Ce qui ne peut que contribuer au renouvellement de la pensée freudienne et de la psychanalyse.

Pour Roussillon, l’associativité est une théorie du fonctionnement du psychisme dont se dégage la règle fondamentale de la psychanalyse : l’association libre. La théorie de l’associativité permet en outre l’exploration de situations cliniques extrêmes que d’autres types de thérapies n’ont pas les moyens d’aborder car en psychanalyse, l’associativité est abordée dans son polymorphisme : elle n’est pas seulement verbale mais engage aussi l’affectif et le comportemental.

Un débat animé a suivi les interventions.

Source: L’Orient Le Jour