Beyrouth avec un b majuscule

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Par Carla Henoud | 25/11/2010

Mika en concert à Baalbeck l’été dernier.

Mika en concert à Baalbeck l’été dernier.

Vient de paraître Après New York, Beyrouth, fière de figurer parmi les destinations préférées des noctambules du monde entier, est devenue la ville qui ne dort jamais. Pour faire honneur à ce titre, Anthony Rahayel a réuni plus de 700 photos dans un beau livre « B. Lebanon Night Secrets Uncovered », qu’il signera ce soir*.

Le monde connaissait le Liban pour ses montagnes, si proches de la mer, l’hospitalité de son peuple à la fois chaotique et organisé, battant et paresseux. La vie de sa capitale entre guerre et paix, misère et richesse, fonctionnant presque naturellement dans un équilibre précaire. Depuis deux ans, il découvre, impressionné, dépassé et séduit, la sophistication des nuits beyrouthines, ces folles nuits qui rivalisent en idées, en festivités et en excès ! Culturelles, artistiques, musicales, dansantes, branchées, excentriques, décalées, elles font le bonheur de plusieurs générations, locales et internationales, qui ne s’en lassent pas. Tout devient prétexte à faire beau, nouveau, différent.

Veiller à Beyrouth est en effet, pour de nombreuses personnes, une occupation à plein temps. Choisir l’endroit, réserver, faire la fête, en ville, en bord de mer. Choisir entre un concert, un festival, un restaurant, une boîte de nuit… Et puis sortir, jusqu’à pas d’heure, voir et se faire voir.

Pour Anthony Rahayel et son complice Jean Ghalo, ce n’est plus vraiment le cas depuis qu’ils en ont fait une occupation, en parallèle à leurs métiers respectifs. Le premier, passionné de photo, est d’abord et surtout un dentiste fier de l’être. Le second, installé à Dubaï, a sa propre agence de publicité. Ensemble, ils ont créé il y a huit ans le premier site web complet sur la vie nocturne, justement baptisé www.beirutnightlife.com. Ensemble également, ils ont conçu en 2009 une revue annuelle, Lebanon in review, et ses 20 000 exemplaires distribués partout au Liban. Ensemble, enfin, ils ont eu l’idée d’immortaliser ces nuits blanches qui ont animé la ville de 2003 à aujourd’hui.

Feux d’artifice

Ce projet, qui n’a « rien à voir avec notre site », précisent les auteurs, est un témoignage de 510 pages, contenant plus de 700 photos non retouchées, les best of de Anthony Rahayel et celui de certains moments spectaculaires, parfois visuellement. Il aura demandé huit ans d’archivage, un choix parmi une banque de milliers d’images, un travail minutieux de mise en page et d’impression, et beaucoup de patience pour les deux compères qui ont, par ailleurs, un métier qui les comble.

Avec une introduction du ministre du Tourisme Fadi Abboud, les interventions de quelques acteurs de la vie nocturne locale, Jyhad el-Murr, directeur des opérations de MTV et Nostalgie, et propriétaire de 2U2C events, Jamal Saidi, photographe en chef de Reuters Liban et Syrie et président honorifique du syndicat des photographes de presse libanais, Michel Elefteriades, propriétaire du Music Hall, le compositeur et musicien Élias Rahbani, et avec une caricature de Pierre Sadek, le livre, très digital dans sa mise en forme, est divisé en 17 chapitres qui révèlent « les secrets des nuits libanaises », ponctués par des textes courts en anglais signés Nadine Kahil, Beyrouth sous toutes ses coutures, B Mythical, Bright, Creative, Tranced, Free, Grooved, Dazzled, Festive, Tuned, Famous. B’ beirut, Risen, Gourmet, Wild, Sunny, Chilled, Ready, ou, en français dans le texte, les visages d’une ville séduisante, multiple, provocante, douce, traditionnelle ou moderne. Les photos, très réussies, en sont l’image parfaite, réunies dans un album photos de luxe dédié à tous les amoureux de ces nuits où, dit-on, tous les chats sont gris.

*La signature de B. Lebanon Night Secrets Uncovered, accompagnée de l’exposition de photographies d’Anthony Rahayel, aura lieu ce soir, de 18h30 à 22h30, à la galerie State of Art, Bauchrié, immeuble Arabian, 2e étage.