Mobilisation au Sérail pour tenter de conjurer la flambée des prix

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11/11/2010
Un sit-in a été organisé hier à Beyrouth par l’Union de la jeunesse démocrate relevant du Parti communiste, en protestation contre la hausse des prix. Photo Marwan Assaf
Un sit-in a été organisé hier à Beyrouth par l’Union de la jeunesse démocrate relevant du Parti communiste, en protestation contre la hausse des prix.
Liban – Inflation – Une réunion entre le Premier ministre, Saad Hariri, le ministre de l’Économie, Mohammad Safadi, et le ministre de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan, a eu lieu hier pour discuter de la récente flambée des prix de certaines denrées alimentaires de base. Ces derniers se sont penchés sur les moyens susceptibles de limiter, à court terme, cette hausse et de réduire, à plus long terme, la vulnérabilité du Liban aux fluctuations des prix à l’étranger. 

Le Premier ministre, Saad Hariri, s’est réuni hier avec les ministres de l’Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, et de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan, afin de discuter de la flambée récente des prix des denrées alimentaires de première nécessité et de trouver les solutions appropriées pour endiguer le problème. Ce phénomène, qui a pris de l’ampleur ces dernières semaines au Liban, a vu augmenter parfois vertigineusement les prix de certaines denrées de base comme la viande, les fruits et les légumes.
Au cours de cette réunion, les ministres ont examiné en détail les prix des denrées alimentaires concernées, exprimant leur détermination à faire respecter par leurs ministères respectifs le décret de plafonnement des marges commerciales, émis la semaine dernière par le ministère de l’Économie et des Finances. À cet égard, les participants ont décidé de renforcer le contrôle dans l’application du décret ministériel dans les plus brefs délais, avant qu’une nouvelle hausse des prix ne survienne. La concrétisation du décret de plafonnement sera ainsi conjointement surveillée « de près » par l’Économie et le Commerce et l’Agriculture. En outre, une série de réunions est prévue dans les prochaines semaines afin d’évaluer les résultats de la mise en place du décret précité. 

Une hausse « disproportionnée » des prix
À l’issue la réunion, le ministre de l’Agriculture a tenu à souligner le caractère « disproportionné » de la récente flambée, indiquant que les prix à l’étranger « ont augmenté d’environ 20 %, selon les produits, tandis qu’au Liban, les prix ont bondi de 60 %, voire de 70 % ». « Nous observons un décalage de quelque 40 points entre ces deux augmentations », a-t-il ainsi déploré. Cette augmentation, qui reflète entre autres celle des prix à l’étranger (et qui est notamment due aux fortes sécheresses qui ont affecté les récoltes de nombreux pays exportateurs à travers le monde), serait donc en partie due « à la cupidité des commerçants » ainsi qu’à d’autres facteurs, selon le ministre Safadi. « Beaucoup de commerçants ne respectent pas le plafonnement des marges de profit fixé par le gouvernement (…) À titre d’exemple, le prix d’un kilogramme de viande vendue en gros ne devrait pas dépasser les 15 000 ou 16 000 livres », a renchéri M. Hajj Hassan. Parmi les facteurs supplémentaires ayant contribué à la flambée des prix des denrées alimentaires figurent également « les prix des carburants, la hausse de certaines devises face au dollar, et la hausse de la demande des consommateurs », a ajouté le ministre de l’Agriculture.

Dynamiser la production nationale, une priorité
« À l’issue de cette rencontre, nous avons pris des décisions à court, moyen et long terme », a souligné en outre M. Hajj Hassan. « Nos deux ministères ont prévu d’informer les citoyens sur une base quotidienne en ce qui concerne les prix des denrées alimentaires. De plus, des contrôles seront régulièrement effectués chez les commerces de gros et de détail », a-t-il ajouté. En ce qui concerne le commerce de la viande, « le ministère de l’Agriculture poursuit notamment son action pour faciliter les échanges commerciaux du secteur agricole et pour renforcer le contrôle au niveau de la sécurité alimentaire, tout en rencontrant les éleveurs et les commerçants de viande. Nous avons d’ailleurs réalisé au cours de ces rencontres que le décret de plafonnement des marges commerciales n’affectait en rien les marchés ; la preuve étant qu’entre dimanche et lundi, plus de 15 000 têtes de bétail sont entrées au Liban », a-t-il poursuivi.
En ce qui concerne les fruits et légumes, M. Hajj Hassan a affirmé que son ministère avait pris une série de mesures pour dynamiser la production nationale, en prenant, d’une part, des mesures pour combattre les insectes parasites responsables de la baisse de certaines récoltes comme la tomate, et en collaborant, d’autre part, avec le ministère de l’Économie et du Commerce dans le but de soutenir les exportations agricoles. « Le Liban importe quelque 85 % de ses besoins alimentaires, et il n’en produit que 15 %, toutes récoltes confondues. Au niveau de la viande, ce chiffre monte jusqu’à 90 % pour les importations, et 10 % pour la production locale. Nous sommes donc vulnérables, vis-à-vis des fluctuations des prix à l’étranger », a-t-il noté, ajoutant que son ministère comptait combattre cette vulnérabilité. « Sur le long terme, le Liban est en mesure d’importer 60 % de ses besoins, et d’en produire 40 % », a-t-il conclu à cet égard.

Source: L’Orient Le Jour

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