L’association Journalistes contre la violence dénonce le procès intenté contre May Chidiac

Non classé

May Chidiac

04/11/2010

Dans un communiqué publié hier, l’association Journalistes contre la violence a vivement dénoncé le procès intenté par Malek Jamil Sayyed (fils de l’ancien directeur de la Sûreté générale) contre notre consœur May Chidiac qui doit comparaître ce matin devant le juge d’instruction de Beyrouth.

L’association souligne que ce procès « s’inscrit dans le cadre de la campagne continue menée contre les journalistes afin de les museler et de les soumettre, d’autant que la plainte déposée par Malek Sayyed est fondée sur des propos qui ne le concernent pas directement ». « De ce fait, souligne Journalistes contre la violence, cette plainte vise à présenter Jamil Sayyed comme une victime. Il est, d’autre part, surprenant de constater que la justice a été saisie par celui qui a menacé le Premier ministre, le procureur Saïd Mirza et le juge d’instruction Sakr Sakr, et qui a menacé le pouvoir judiciaire dans son ensemble. L’association espère, par voie de conséquence, que le juge en charge de cette plainte prononcera un non-lieu en faveur de May Chidiac du fait que la plainte déposée contre elle est arbitraire. »

En conclusion, Journalistes contre la violence souligne sa solidarité totale avec May Chidiac « qui est la première femme dans l’histoire du Liban ayant été la cible d’un attentat terroriste ».

La campagne du « Akhbar »

Sur un autre plan, l’association Journalistes contre la violence s’est élevée contre un article paru dans le quotidien al-Akhbar faisant état d’un scénario militaro-sécuritaire que le Hezbollah pourrait exécuter lorsque le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) rendra public l’acte d’accusation dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri. L’auteur de l’article, Fidaa Itani, affirme que le Hezbollah pourrait lancer une vaste opération visant à contrôler de larges régions, de la capitale et sa banlieue, aux hauteurs du Kesrouan, en passant par le Nord, parallèlement aux ports et aux postes-frontières « afin d’empêcher la fuite de personnalités ». Soulignant que de tels articles visent à semer un climat de terreur et d’intimidation au sein de la population, l’association Journalistes contre la violence invite le parquet à interroger Fidaa Itani pour déterminer l’identité de la faction qui s’emploie à filtrer à la presse cette « atmosphère milicienne ».

« Il est inadmissible que les médias se transforment en un moyen de répandre des menaces et d’inciter à la tuerie, en visant l’État et la République, et en sapant la formule de coexistence ainsi que les fondements de notre système basé sur les libertés, les pratiques démocratiques et les droits de l’homme, souligne Journalistes contre la violence. Toute attitude conciliante à l’égard de Itani et du journal al-Akhbar conduirait à davantage de chaos et de terreur. Il est donc nécessaire de traduire l’auteur de l’article en justice afin qu’il dévoile ses sources qui constituent une menace pour la sécurité nationale. »

L’association a, d’autre part, stigmatisé les propos tenus par le brigadier à la retraite, Amine Hoteit, qui a affirmé au quotidien al-Chark el-Awsat que le Hezbollah « tranchera la situation sur le terrain en 24 heures, et d’une manière ferme » après la publication de l’acte d’accusation. Le communiqué s’étonne du fait qu’un ancien officier puisse tenir de la sorte des propos à caractère « milicien ».

Source: L’Orient Le Jour