Ça (re)commence aujourd’hui…

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Par Ziyad Makhoul

Les meilleures choses ont obligatoirement une fin : les dizaines de milliers de touristes sont pratiquement tous rentrés chez eux, Michel Sleiman est revenu de France et Saad Hariri d’Arabie saoudite, et ça (re)commence aujourd’hui – ça étant la somme inouïe de problèmes qui attend et les Libanais et leurs responsables agglutinés dans ce fameux gouvernement d’union nationale.

Demain mardi, Saad Hariri présidera ainsi le premier Conseil des ministres de la nouvelle décennie, le deuxième après le vote de confiance. Et ces retrouvailles s’annoncent ardues, puisqu’au cœur des débats, en marge de l’ordre du jour, figure un dossier à tiroirs des plus épineux : la sécurité.

Beaucoup d’interrogations fuseront donc au Sérail demain : à propos de l’attentat anti-Hamas dans la banlieue sud la semaine dernière et tout le charivari qu’il a provoqué et à propos du grave incident survenu avant-hier samedi dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué.

Dans les deux cas, et avec en toile de fond la polémique entre les Kataëb et le camp du 8 Mars à propos du recours en invalidation qu’entend présenter le parti phalangiste contre la clause 6 de la déclaration ministérielle, on questionnera fortement, et sans doute avec virulence, la pérennité de ces mini-États bunkers, libanais soient-ils ou palestiniens et, par extension, le rôle de l’État, de ses institutions sécuritaires et de ce concept de plus en plus volatil de souveraineté étatique sur l’ensemble du territoire libanais.

En gros, il semble déjà bel et bien révolu le temps du guimauve et du sirupeux entre les Trente au lendemain de l’annonce de la formation du premier cabinet Hariri que d’aucuns qualifient volontiers de véritable tour de Babel, très riche, certes, de toutes ces différences qui font le Liban mais absolument cacophonique et où la solidarité reste une chimère… Place désormais aux blizzards, aux tempêtes, aux gels et aux éclairs de l’hiver, le sécuritaire n’étant pas le seul problème, et de loin…

À moins que les réconciliations qui entament 2010 au sein de la communauté druze ne contaminent (positivement) tout le monde et tout le reste. Wi’am Wahhab, à qui revient, il faut le rappeler, la portion extrêmement congrue de la popularité druzo-druze, recevait hier comme un grand archiduc Walid Joumblatt, et s’exprimait même en son nom (et en celui des Syriens). Un Walid Joumblatt toujours en pleine opération de recentrage, entre mea culpa proches de l’autoflagellation et assurances d’un soutien très ferme à Saad Hariri, et qui avait évoqué, au cours du week-end écoulé, la formation d’un grand front, qu’il présente lui-même comme un supercentre sous la houlette de Michel Sleiman, mais que son hôte a qualifié hier, avec un sourire repu, de (nouvelle) majorité.

Il n’y a rien à dire : cette nouvelle année commence drôlement. Et drôlement vite.