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Hamadé : « Nous tiendrons bon face à l’attaque syro-iranienne »
 
Le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, a fait état hier d’une « attaque contre le Liban, ses institutions, sa société pluraliste, son entente et sa tendance au dialogue et au respect du document d’entente nationale ».
« La tentative d’en finir avec le gouvernement ne vise pas certaines personnes. Les gouvernements changent. L’attaque vise le Liban, son indépendance, sa démocratie et son système. Avant cela, ils ont tenté de cloner le régime syrien au Liban, et ils ont échoué, mais ils nous ont fait payer cher le prix du martyr. À ceux-là, nous affirmons que les mensonges, la diffamation et l’agression ne passeront pas, ni contre le gouvernement, ni contre son chef ou ses membres, ni contre les pôles du 14 Mars », a indiqué M. Hamadé, qui a reçu une délégation d’habitants de Beyrouth appartenant à la communauté druze.
« Nous continuons à tendre la main en faveur d’une entente fondée sur la Constitution. Nous n’accepterons rien en dehors de cela. Quant à leurs tentatives dans la rue, elles ne passeront pas. Nous sortirons de l’impasse dans laquelle ils ont placé le Liban, et nous œuvrerons pour mettre en place un climat économique pouvant apaiser, dans la mesure du possible, les souffrances des Libanais », a poursuivi Marwan Hamadé.
« Nous tiendrons bon, avec les esprits libres, face à l’attaque syro-iranienne, et le tribunal international sera une garantie pour que tout le monde reste vivant, notamment les piliers de l’opposition », a-t-il conclu.
 

Jeudi 04 Janvier 2007 | 5:00 | Beyrouth 
 

 
Le bloc FL souligne que la réforme véritable commence par une élection présidentielle libre
 
Geagea exclut une « irakisation » du Liban
 
Le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, exclut une détérioration de la situation sur le plan de la sécurité dans le pays, soulignant qu’une « irakisation » du Liban n’est pas envisageable dans le contexte présent.
Dans une interview accordée au quotidien saoudien al-Riyad, le leader des FL a notamment déclaré que « toutes les fractions politiques au Liban ont la volonté de ne pas laisser les choses évoluer vers une situation de guerre civile ». « Telle est clairement ma perception de la conjoncture actuelle, a précisé M. Geagea, qui a ainsi exclu toute « irakisation » du Liban. J’espère que le contexte demeurera inchangé. En Irak, il existe une fraction qui a fait le choix d’irakiser l’Irak. À mon sens, aucune partie libanaise ne s’est engagée sur une telle voie. »
Le leader des FL a, d’autre part, écarté l’éventualité d’une opération militaire contre la Syrie ou l’Iran « à court terme, sauf si les développements se précipitent ». « Mais après les sanctions imposées par les Nations unies contre l’Iran, les Iraniens pourraient riposter au Liban-Sud en commanditant des opérations contre les forces de l’ONU, ce qui ne manquerait pas d’aggraver la crise. » M. Geagea a, par ailleurs, souligné que « jusqu’à présent, la Syrie ne veut pas reconnaître le Liban comme une entité indépendante ». « Elle considère le Liban comme une 19e province, a-t-il souligné. Cela explique le refus des Syriens de délimiter les frontières ou d’établir des relations diplomatiques ou même de permettre que le Liban puisse prendre des décisions d’ordre stratégique. »
Interrogé sur la prochaine élection présidentielle, M. Geagea a souligné que « le principal électeur sera la partie qui soutient le gouvernement ». « Les deux dernières fois, a-t-il indiqué, c’est la Syrie qui était le seul électeur, mais cette fois-ci, nous ne permettrons aucune ingérence » sur ce plan.
Évoquant la campagne menée par l’opposition, M. Geagea a déclaré que l’objectif des opposants est « non pas la participation (au pouvoir), mais plutôt le torpillage » de l’action de l’Exécutif. Et le leader des FL de préciser à cet égard que si l’opposition obtient le tiers de blocage au sein du cabinet, « ils pourront alors faire chuter le gouvernement en démissionnant et dans ce cas, il ne sera possible de former un nouveau gouvernement que s’il est semblable aux équipes qui étaient mises en place au cours des quinze dernières années ».
Et M. Geagea de poursuivre : « En réclamant le tiers de blocage, l’opposition cherche en réalité à torpiller le tribunal international. Il est erroné de penser à ce sujet que ce tribunal a pour but de se livrer à des règlements de compte. En effet, l’action du tribunal se limite à des crimes bien précis et à une période bien déterminée ».
Affirmant que le gouvernement poursuit son action, contre vents et marées, M. Geagea a déclaré : « Si la situation demeure inchangée, le gouvernement pourrait être amené à prendre des décisions impératives. Nous n’avons d’autre choix que de résister et de poursuivre notre action. Le gouvernement n’a d’autre choix que d’aller de l’avant, en dépit de toutes les difficultés. Toute autre option aurait pour conséquence de faire retourner le Liban des dizaines d’années en arrière ».

Le bloc parlementaire FL
Signalons, par ailleurs, que M. Geagea a présidé hier la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire des Forces libanaises qui s’est tenue en présence du ministre du Tourisme, Joe Sarkis, et de M. Eddy Abillamaa, membre du conseil exécutif des FL.
À l’issue de la réunion, le bloc FL a publié un communiqué soulignant que « la réforme véritable commence par l’organisation d’une élection présidentielle libre ». « La présidence de la République, précise le communiqué du bloc FL, représente le symbole de l’unité des Libanais et constitue une garantie pour une bonne gestion de la chose publique. Une modification de la situation dans laquelle se trouve le Liban est inconcevable si on ne met pas un terme à la paralysie totale dans laquelle se trouve la présidence de la République ».
Le communiqué FL met en garde, par ailleurs, contre toute mesure d’escalade de la part de l’opposition, affirmant qu’une telle escalade constituerait, le cas échéant, « une menace pour la vie publique au Liban, de même qu’elle risquerait d’entraîner le pays vers la catastrophe ». Le bloc FL a invité à ce propos l’opposition à « prendre conscience de ses responsabilités nationales et à cesser de détruire l’économie du pays ».
En conclusion, le communiqué FL presse la Justice de « mettre la main sérieusement sur l’affaire des détenus du Koura (membres du Parti syrien national social), d’autant que les premiers éléments de l’enquête ont montré qu’ils étaient impliqués dans des tentatives d’attentats ».

 

Jeudi 04 Janvier 2007 | 5:00 | Beyrouth
 


 
N. Lahoud : L’opposition ne fait aucune proposition alternative
 
Le chef du Renouveau démocratique, l’ancien député Nassib Lahoud, a accusé hier l’opposition de n’avoir jusqu’ici présenté aucune proposition alternative visant à régler les problèmes du pays, notamment sur le plan économique, contrairement au gouvernement dont le chef, Fouad Siniora, a exposé mardi son programme de réformes en prévision de la conférence Paris III. « Une première lecture de ce programme montre qu’il constitue un bon point de départ. De ce fait, il mérite de faire l’objet d’une discussion sérieuse, respectueuse et approfondie. Cela exige de la part de tous une attitude sérieuse et responsable dans le but d’enrichir ce programme, de l’améliorer et d’accroître les chances de succès de Paris III », souligne M. Lahoud dans un communiqué. « Il est évident qu’une attitude sérieuse et responsable suppose en premier lieu d’adopter la méthode de la discussion objective et détaillée au sujet de la teneur de ce programme, plutôt que d’asséner des verdicts politiques anticipés et démunis de toute argumentation scientifique », estime-t-il.
« Il est aussi évident dans le cadre d’un comportement sérieux et responsable que l’on propose des alternatives à la place des mesures rejetées, plutôt que de se contenter de les rejeter », dit-il.
« Quant au lieu évident et naturel où cette discussion doit se dérouler, ce n’est bien entendu pas la rue ni les tribunes pour discours enflammés, mais la Chambre des députés », relève M. Lahoud.
« Très regrettablement, l’unique conclusion qui s’impose est que contrairement au gouvernement, l’opposition n’a jusqu’ici rien proposé aux Libanais pour régler leurs problèmes économiques et sociaux, pour ne pas parler des problèmes politiques et nationaux », souligne-t-il.
« Les Libanais en ont assez des conflits ayant pour toile de fond la quête du pouvoir pour l’amour du pouvoir. Ils en ont assez également des comportements négatifs qui conduisent à manquer des occasions, dénigrer les aides arabes et mettre en doute tout ce qui émane de la communauté internationale », affirme l’ancien député du Metn.
« Il est temps que nous profitions des occasions qui se présentent pour servir l’intérêt des Libanais et traiter les questions vitales relatives à l’avenir de leurs enfants sur la terre de leurs ancêtres, plutôt que de les pousser à l’émigration aux quatre coins du monde, génération après génération », conclut-il.
 

Jeudi 04 Janvier 2007 | 5:00 | Beyrouth