La polémique s’envenime entre Hamadé et le parti de Dieu

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La polémique s’envenime entre Hamadé et le parti de Dieu
 
La polémique s’est poursuivie hier après la diffusion, par la chaîne al-Manar d’informations accusant le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, d’avoir indiqué à l’ambassadeur des États-Unis durant l’offensive israélienne contre le Liban le lieu où se trouvait le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Citant l’opposant syrien, Nizar Nayyouf, al-Manar avait rapporté les faits incriminant le ministre des Télécommunications.
Des allégations auxquelles, M. Hamadé avait répondu, mercredi soir, par une autre accusation, imputant au parti chiite l’intention « d’inciter à son assassinat et de tenter de le terroriser politiquement et psychologiquement ».
Réagissant aux propos de M. Hamadé, le député Hussein Hajj Hassan a affirmé que « c’est lui qui incite (l’opinion publique) contre le Hezbollah ».
« Dans sa déclaration, le ministre a accusé le Hezbollah de chercher à couvrir ceux qui ont attenté à sa vie, ce qui est, selon nous, une accusation très grave », a-t-il dit. Le député a, en outre, souligné que l’intention déclarée de M. Hamadé de porter plainte devant le tribunal international vise apparemment à « terroriser l’opposition et les médias qui relèvent de cette dernière en brandissant l’épée de Damoclès que représente le tribunal ».
« C’est d’ailleurs le sujet du débat qui a prévalu dernièrement autour des objectifs réels de ce tribunal et de l’attachement (des forces du 14 Mars) à la lettre du texte du projet et leur refus de modifier le moindre mot », a ajouté le député du Hezbollah.
Et Hussein Hajj Hassan de relever la « contradiction » dans les déclarations du ministre druze qui, a-t-il dit, « tantôt innocente le Hezbollah, par la bouche du chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, tantôt l’accuse ».
« Quels propos devons-nous croire, ceux de M. Hamadé ou de M. Joumblatt ? Le Hezbollah est-il impliqué dans ce crime, oui ou non », s’est demandé le député, avant de proclamer l’innocence du parti et d’affirmer que M. Hamadé « devrait s’enquérir du véritable auteur de ce crime et d’éviter ces accusations dangereuses et superficielles ».
La controverse ne s’est toutefois pas arrêtée à ce stade.
Répondant à son collègue, le député Waël Bou Faour s’en ait pris personnellement au député chiite, affirmant « que les études dans des universités françaises (suivies par Hussein Hajj Hassan) lui ont vraisemblablement enseigné tout, sauf l’honnêteté et le respect des sacrifices des autres », en allusion à l’engagement du PSP en faveur de la résistance et de la cause palestinienne.
Par ailleurs, évoquant la pétition présentée par les députés de l’opposition accusant le Premier ministre, Fouad Siniora, et certains ministres au sein du gouvernement « d’avoir violé un certain nombre d’articles constitutionnels », le député Hussein Hajj Hassan a indiqué que le nombre de parlementaires qui vont signer cette pétition « seront nombreux ».
« La pétition fera plusieurs dizaines de pages », a-t-il ajouté, précisant qu’elle sera soumise au Parlement dès qu’elle sera finalisée. Le député du Hezbollah a énuméré la liste des « violations » commises par l’Exécutif, notamment le non-respect « du pacte de coexistence » figurant dans le préambule de la Constitution, ou les contreseings apposés par le ministre de l’Intérieur par intérim, Ahmad Fatfat, durant neuf mois à la place du ministre en poste, Hassan Sabeh, ainsi que les signatures du ministre de la Culture, Tarek Mitri, « qui s’est substitué au ministre des Affaires étrangères, Faouzi Salloulkh ».
Les parlementaires de l’opposition reprochent également au gouvernement d’avoir omis de préparer le budget pendant deux années consécutives et d’avoir transformé la section de l’information au sein des Forces de sécurité intérieure en service autonome. Autant de chefs d’accusation qui ont poussé, selon lui, les parlementaires de l’opposition à réclamer le passage en jugement du chef du gouvernement.
 

Vendredi 29 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth