L’enquête Brammertz progresse, le lien entre tous les attentats ne fait plus de doute

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Appui sans réserve du Conseil de sécurité au gouvernement Siniora
 
L’enquête Brammertz progresse,
le lien entre tous les attentats ne fait plus de doute
 
Le Conseil des ministres transmet à la Chambre des députés le projet de tribunal international ; L’avenir du Liban « n’est pas négociable », affirme Rice
 
Plus aucun doute, désormais : pour la commission d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, il existe un lien entre les différents attentats qui se sont déroulés au Liban depuis le 1er octobre 2004. C’est en tout cas ce que confirme le sixième rapport d’étape rédigé par le magistrat Serge Brammertz, qui a été remis hier à New York au secrétaire général sortant de l’ONU, Kofi Annan.
Le rapport révèle en outre que l’homme qui a actionné la bombe le 14 février 2005, tuant Rafic Hariri, Bassel Fleyhane et leurs compagnons, « n’a pas passé sa jeunesse au Liban » et n’aurait résidé dans le pays que deux ou trois mois avant l’attentat.
Toujours à New York, c’est avec fermeté que le Conseil de sécurité a pris position, dans le cadre d’une déclaration présidentielle, en faveur du gouvernement « légitime et démocratiquement élu du Liban », auquel il a exprimé « un appui sans réserve ». Cependant, la séance a failli tourner à l’incident diplomatique entre la France et la Russie, Moscou exprimant des réserves sur la formulation du texte proposé. Le soutien du Conseil de sécurité est venu s’accompagner d’une déclaration sans appel de la secrétaire d’État US, Condoleezza Rice, qui a affirmé en direction de Damas et de Téhéran que l’avenir du Liban « n’est pas négociable ».
Sur la scène interne, le Conseil des ministres s’est réuni hier pour adopter le projet de tribunal international, avant de le transférer immédiatement à la Chambre pour ratification.
 
Informations et article de la correspondante à New York, Sylviane ZEHIL, et de larges extraits du rapport Brammertz
 
Mercredi 13 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth
 


 
Mise en garde de Rice à l’Iran et à la Syrie :
L’avenir du Liban n’est « pas négociable »
 
La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a prévenu la Syrie et l’Iran que l’avenir du Liban n’était « pas négociable », même en échange d’un rétablissement de la sécurité en Irak, dans un entretien exclusif avec l’Agence France-Presse.
« Je veux que ce soit très clair : l’avenir du Liban n’est pas négociable avec qui que ce soit », a déclaré la chef de la diplomatie américaine, pressée, depuis la publication du rapport Baker sur l’Irak, d’ouvrir des négociations directes avec Téhéran et Damas pour stabiliser la situation au Proche et au Moyen-Orient.
Mme Rice a réaffirmé avec force son soutien au Premier ministre Fouad Siniora, accusant la Syrie de vouloir « faire tomber » le gouvernement.
« Nos amis au Proche-Orient, les forces démocratiques en difficulté comme celles du Premier ministre (Fouad) Siniora et de la coalition du 14 Mars au Liban, doivent comprendre que, comme le reste de la communauté internationale, nous les soutenons totalement et complètement, ainsi que leurs objectifs et leur légitimité », a-t-elle précisé à l’AFP.
« Il n’est pas question que la Syrie et l’Iran s’imaginent que l’avenir du Liban puisse être compromis par d’autres intérêts américains », a-t-elle ajouté en faisant allusion à une éventuelle influence positive que pourraient jouer ces deux pays en Irak, comme le suggère le rapport Baker.
Ce document du Groupe d’études sur l’Irak demande à l’Administration Bush un changement de stratégie américaine dans ce pays, et notamment d’ouvrir des négociations directes avec la Syrie et l’Iran pour que ces deux pays aident à stabiliser la situation en Irak. Or Mme Rice a une nouvelle fois rejeté cette idée.
« S’il est dans l’intérêt de la Syrie de stabiliser l’Irak, elle le fera, a-t-elle déclaré. S’il n’est pas dans son intérêt de stabiliser l’Irak, ou bien elle ne le fera pas, ou bien elle cherchera à obtenir des compensations. Et je ne veux pas en arriver au point où nous parlerons de compensations », a souligné la secrétaire d’État US.
Washington ne transigera notamment pas sur le projet de création d’un tribunal international pour juger les assassins présumés de Rafic Hariri, a-t-elle assuré.
« Le tribunal Hariri doit aller de l’avant, a-t-elle souligné. D’abord, parce que c’est ce qu’exige une résolution du Conseil de sécurité. Deuxièmement, c’est une question de justice. Troisièmement, il faut montrer que ceux qui assassinent des dirigeants ne peuvent pas le faire en toute impunité. »
La chef de la diplomatie américaine a pour la première fois exprimé des regrets sur le refus de Washington à appeler à un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah pendant plus de trois semaines l’été dernier au Liban.
« Chaque jour, quand je vois ce qui se passe au Liban, cela me rappelle les terribles souffrances des civils – et des Israéliens – pendant cette guerre », a-t-elle déclaré.
« J’aurais aimé pouvoir faire davantage pour éviter les souffrances de civils innocents, mais je reconnais aussi que c’est le Hezbollah qui, agissant comme un État dans l’État (…), a plongé un pays tout entier dans la guerre », a-t-elle ajouté.
« Je crois qu’il faut savoir qui était responsable, mais ce n’est pas pour autant qu’il m’est facile de penser aux souffrances des Libanais pendant cette guerre », a poursuivi Mme Rice.
 
Mercredi 13 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth