Paralysie du port et de l’aéroport

Non classé
 
L’escalade prévue par l’opposition : désobéissance civile et paralysie du port et de l’aéroport
 
Le discours « enflammé » du secrétaire général du Hezbollah constitue un tournant majeur dans l’évolution de la situation interne, Hassan Nasrallah ayant annoncé le début de la seconde phase du plan concocté par les forces de l’opposition visant à la chute du gouvernement.
Ses propos, dont le timing ne peut être examiné qu’à la lumière des récents développements locaux et régionaux, marquent ainsi le début d’une nouvelle étape dans la confrontation politique menée sur le terrain. À moins d’être reportée à plus tard, l’escalade devrait en principe être entamée en début de semaine par une campagne de désobéissance civile déjà annoncée dans les médias. Si elle a lieu, cette escalade devrait conduire à la paralysie partielle ou quasi totale des institutions et de l’administration à Beyrouth et dans les régions, ainsi que l’aéroport, les ports et les axes routiers majeurs qui devraient être également affectés.
Les milieux politiques se sont toutefois arrêtés sur le timing du discours prononcé par le leader chiite, pour le replacer dans le cadre du contexte local et international dans lequel évoluent les médiations entreprises en vue de trouver une solution à l’impasse.
Aussi bien le ton, les termes ou les thèmes du discours choisis par le leader chiite se sont révélés être une dose de stimulant que Hassan Nasrallah a voulu administrer aux manifestants pour tenir à rehausser le moral et resserrer leurs rangs, au moment où le mouvement de protestation semble avoir été affecté par l’orientation de plus en plus confessionnelle de la crise. Un encouragement également voulu par le chef du parti en direction de sa base après les obstacles rencontrés par les médiateurs qui ont buté contre la rigidité des positions syrienne et iranienne.
À ce sujet, des sources ont révélé que les résultats des contacts effectués auprès de Damas et Téhéran par le Premier ministre turc, Recep Tayyep Erdogan, n’ont pas abouti, ce qui explique l’annulation de sa visite à Beyrouth, le dirigeant turc se contentant d’un long entretien téléphonique avec le chef du gouvernement qui a décidé l’envoi d’un émissaire en Turquie.
Certains observateurs politiques qui se sont penchés sur les propos du secrétaire général du Hezbollah en ont d’ailleurs retenu la forme plutôt que le fond, relevant que le moment choisi pour prononcer un tel discours est d’autant plus significatif qu’il coïncide également avec l’expiration du délai des 15 jours impartis au chef de l’État pour signer le projet du tribunal international que lui a transmis le gouvernement, avant son envoi au Parlement.
Ainsi, le leader chiite aura également forcé le ton en cherchant à transmettre un message musclé à la veille de la visite du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, à Beyrouth au lendemain de sa tournée à Washington, à New York et de ses réunions avec un certain nombre de ministres arabes des Affaires étrangères qui devaient lui permettre de revenir au Liban avec un package deal de solutions portant sur l’ensemble des problèmes conflictuels, dont la question du tribunal, et celle du gouvernement et de la présidence de la République.
Philippe ABI AKL
Samedi 09 Décembre 2006 | 5:00 | Bey