Sleimane Frangié repris en flagrant délit d’outrage au patriarche maronite

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Des députés de Zghorta demandent à l’ancien ministre et à al-Manar de présenter leurs excuses
 
Sleimane Frangié repris en flagrant délit d’outrage au patriarche maronite
 
De scandaleux propos ont été tenus hier par l’ancien député de Zghorta, Sleimane Frangié, au sujet du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir. Commentant sur la chaîne al-Manar la visite, jeudi, au siège patriarcal maronite, des épouses, mères, filles, sœurs et parentes de tous les martyrs tombés depuis l’assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005, l’ancien député Sleimane Frangié a outragé le patriarche maronite avec des mots que l’éthique nous empêche de reproduire.
Première à réagir à ces inqualifiables propos, Mme Joyce Gemayel, qui présidait la délégation féminine qui s’est rendue à Bkerké, a affirmé : « Je n’en crois pas mes oreilles. Il m’est pénible d’entendre de tels propos venant du fils de Véra Frangié, que j’ai connue comme étant une femme qui respectait tout le monde et pesait chacun de ses mots. »
Pour sa part, un communiqué conjoint des députés de Zghorta a affirmé : « Une fois de plus, nous avons l’occasion de nous indigner pour des propos tenus par l’ancien député Sleimane Frangié au sujet du patriarche maronite (…) ; il s’agit de propos contraires à nos valeurs morales et chrétiennes (…) qui bafouent la sainteté de Bkerké comme instance religieuse, ainsi que l’honneur et la dignité de la famille et de la femme. »

Respect pour les martyrs
« Nous invitons le ministre Frangié à présenter ses excuses au patriarche et aux martyrs libanais pour les paroles sorties de sa bouche, et redisons qu’il n’est pas permis de lancer vers Bkerké nos flèches haineuses, impies et outrageantes, toutes les fois que nous sommes en désaccord sur des positions nationales », a poursuivi le communiqué.
Et d’ajouter : « Rappelons aussi au ministre Frangié qu’il est lui-même fils d’un homme et d’une femme tombés martyrs, ainsi que frère de Jihane, martyre elle aussi, et que le respect pour les autres et leurs familles participe de son respect pour sa personne et pour les membres de sa famille ainsi que pour les martyrs de Zghorta. »

Mise au point
En fin de journée, M. Frangié a publié une mise au point où, sans présenter ses excuses, il a affirmé qu’il a utilisé un terme dans son sens populaire et qu’il parlait en fait de « l’enthousiasme » dont le patriarche a fait preuve pour une cause déterminée.
Il a ajouté : « Des personnes malveillantes ont exploité ces propos. »
« Je déclare que je respecte Bkerké et estime l’instance et celui qui la préside, même si nous différons en politique », a-t-il conclu.

Demande d’excuse auprès d’al-Manar
Pour leur part, le député de Zghorta Samir Frangié et l’ancien député Farès Souhaid ont demandé à la station de télévision du Hezbollah, al-Manar, de présenter publiquement ses excuses au patriarche Sfeir, pour la diffusion des propos tenus par M. Frangié. « Faute de quoi, ont-ils affirmé, nous demanderons au ministre de l’Information de sanctionner la chaîne en la fermant. »
« Nous demandons à la télévision al-Manar de présenter publiquement ses excuses au patriarche maronite, puisque c’est elle qui a fourni à une personnalité politique maronite l’occasion d’outrager la plus haute instance spirituelle de sa communauté. Si la Manar n’avait pas offert sa tribune à cette occasion, cet outrage ne se serait pas produit », ont affirmé les députés dans une lettre adressée à al-Manar.
« Les excuses de l’ancien parlementaire ne font pas l’affaire ; pour cet homme, c’est devenu une habitude de bafouer les règles de la bienséance en parlant du patriarche et des évêques (…) mais al-Manar, qui s’est donnée en modèle d’attachement à ses instances et personnalités religieuses, doit veiller au respect des autres instances autant qu’elle veille sur les siennes propres. »

 
Samedi 02 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth
 


 
La Ligue maronite déplore
 
La Ligue maronite a déploré hier l’offense faite au patriarche maronite par Sleimane Frangié, « que les mots aient échappé ou pas » à ce dernier. « En tout état de cause, a dit un communiqué publié par la Ligue, ces expressions condamnables ne sauraient porter ombrage au patriarche, ni à ses fonctions spirituelles et temporelles ni au rôle historique qu’il remplit dans la défense de l’entité, de l’État, du régime démocratique et de la convivialité au Liban. Et ce, tout au long des vingt années qu’il a déjà passées dans ses fonctions, aux heures historiques les plus critiques de la patrie. »
 
Samedi 02 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth