Sfeir : « Le recours à la rue ne résoudra rien, mais compliquera les choses »

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Sfeir : « Le recours à la rue ne résoudra rien, mais compliquera les choses »
 
Au cours du sit-in des dames de la révolution du Cèdre, le patriarche maronite Nasrallah Sfeir a adopté une position stricte concernant le sit-in de l’opposition prévu pour aujourd’hui. « Ils croient résoudre les problèmes en descendant dans la rue, a-t-il dit. Nous n’avons jamais pensé que le recours à la rue pouvait résoudre un problème. Les solutions passent par l’entente et la concertation, et dans le cadre d’un débat amical et franc, provenant du cœur au lieu de se limiter aux simples paroles. » Et d’ajouter : « Les Libanais doivent rester libanais, et non pas dispersés et tournés vers l’étranger. Nous avons eu assez de suivisme. Ni Est ni Ouest, le Liban seul nous suffit. »
Plus tard, le patriarche a réitéré que « les manifestations et les sit-in qu’ils veulent organiser ne résoudront pas les problèmes mais les compliqueront ». « Vous savez également ce qui se passera si deux parties s’affrontent dans la rue, a-t-il ajouté. Cela finira par une lutte dont on ne connaît ni la fin ni le résultat. (…) Nous ne voulons pas aggraver les choses mais au contraire calmer les esprits et semer la sécurité et la paix, voilà pourquoi je vous demande de lever les prières vers Dieu qui peut faire régner la paix dans les cœurs. »
Évoquant la situation économique difficile que lui ont décrit ses visiteurs, Mgr Sfeir a jugé « inacceptable » l’émigration des Libanais par dizaines, voire par centaines. « Ils ne trouveront pas une patrie de rechange, a-t-il martelé. Le Liban est à nous et le restera. Le Liban est à nous, à nos enfants et à nos petits-enfants. Et ce qui caractérise le Liban, c’est que 18 communautés y cohabitent pacifiquement. »
Le patriarche a stigmatisé l’attitude des hommes politiques. « Ceux que vous avez élus pour veiller sur vos intérêts et vous mener à la sécurité et la stabilité ne font que s’insulter tous les jours », a-t-il déclaré. À propos des assassinats qui se sont multipliés, il s’est écrié : « Tout a une limite, et je dis avec vous que ça suffit. »
 
Vendredi 01 Décembre 2006 | 5:00 | Beyrouth