Le long martyre de l’Indépendance

Non classé
 
Pierre Gemayel tombe sous les balles des terroristes
 
 
Le long martyre de l’Indépendance
 
 
Tribunal international : le Conseil de sécurité donne le feu vert ; Un nouveau 14 Mars, demain, pour les funérailles du ministre de l’Industrie ; De Washington à Moscou, de Paris à Téhéran, de l’ONU à l’UE, la même condamnation
 
Les terroristes ont changé de méthode, des balles dans la tête à bout portant au lieu des voitures piégées, mais leur but, sordide au possible, reste le même : empêcher l’aboutissement de la plus formidable des marches de l’histoire libanaise, celle du 14 mars 2005. Assassiné à Jdeidé, en plein soleil, à la veille du 22 novembre, quelques heures avant que le Conseil de sécurité ne donne son feu vert au tribunal international, le ministre loyaliste de l’Industrie, Pierre Gemayel, est tombé pour le Liban. À 34 ans.
À Beyrouth, l’Alliance du 14 Mars a individuellement et collectivement condamné, dans les termes les plus vifs, le crime ; Saad Hariri a immédiatement accusé la Syrie. Elle a aussi affiché une rassurante détermination, celle de ne pas laisser ce meurtre impuni, tout en invitant, à l’instar d’un Amine Gemayel transcendé par la douleur, les Libanais en général et les chrétiens en particulier à s’opposer au plan le plus pervers des criminels : créer la discorde interne. Elle les a aussi invités à participer en masse aux funérailles du jeune ministre, prévues demain jeudi au cœur de Beyrouth et qui s’annoncent comme un nouveau 14 Mars.
À l’étranger, c’était naturellement la même condamnation, la même fermeté, de Washington à Moscou, de Paris à Téhéran, de l’ONU à l’UE en passant par Ryad, Koweït ou Amman. Et, surtout, une occasion pour les grandes capitales d’afficher un indéfectible soutien au gouvernement Siniora.
 
Informations et reportages de Patricia KHODER et Jad SEMAAN, et la correspondance de New York de Sylviane ZEHIL
 
Mercredi 22 Novembre 2006 | 5:00 | Beyrouth