Bilan d’efforts du gouvernement

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« Le Liban sur la voie de la reconstruction et de la relance »

 
Siniora présente le bilan de 100 jours d’efforts du gouvernement
 
Le Premier ministre, Fouad Siniora, a présenté hier le premier bilan du gouvernement, en termes de reconstruction et de relance, depuis la fin de l’offensive israélienne. « Nous sommes ici, 100 jours après la fin de l’agression israélienne, pour présenter une vision globale des efforts du gouvernement », a indiqué M. Siniora en guise d’introduction. Selon lui, la première réalisation du gouvernement a été de mettre ne place un « programme de parrainage unique en son genre » pour permettre aux donateurs de participer directement à certains projets de manière totalement transparente. À ce propos, il a indiqué que le Liban a reçu à ce jour 813 millions de dollars, sur les deux milliards promis.
Le gouvernement a aussi élaboré une série de projets de lois pour permettre la relance, et soutenir les entreprises affectées directement et indirectement par la guerre, qui seront « prochainement soumis au Parlement », a poursuivi le chef du gouvernement.
Il a ensuite abordé les travaux de réhabilitation des infrastructures, soulignant que 7,1 millions de mètres carrés de gravats ont été déblayés.
Aussi, « nous avons commencé à verser les indemnités à ceux dont les habitations ont été partiellement ou entièrement détruites dans 64 localités du Liban-Sud et de la Békaa. Ces aides se sont élevées à 64 milliards de livres libanaises », a-t-il affirmé, ajoutant que le versement des aides a aussi commencé pour les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, les pêcheurs et les familles des victimes.
Enfin, le Premier ministre a saisi l’occasion pour remercier tous les acteurs du secteur public qui ont participé à l’effort. « Mais malgré son courage, le Liban ne peut pas supporter seul le coût de la guerre », a-t-il reconnu. Il a dit se tourner vers la communauté internationale, alors que son gouvernement « reste totalement engagé sur la voie des réformes ».
De toute façon, à la lecture du rapport intitulé « Le Liban sur la voie de la reconstruction et de la relance », l’aide internationale apparaît comme vitale.
Selon les prévisions préliminaires du gouvernement, le coût de réhabilitation des infrastructures détruites avoisinerait les 2,8 milliards de dollars. Quant au coût indirect subi par l’économie libanaise, il est évalué à plus de deux milliards de dollars, sachant que le PIB devrait reculer de 10 à 11 % par rapport aux prévisions initiales pour 2006. Désormais, le gouvernement table sur une récession de 4 à 5 % par rapport à 2005.
Quant aux répercussions de la guerre sur les finances publiques, elles sont évaluées à 1,6 milliard de dollars fin 2006. À la fin de l’année, le poste des recettes du Trésor devrait avoir perdu 920 millions de dollars, l’équivalent de 4,25 % du PIB. Parallèlement, les dépenses devraient augmenter de 684 millions de dollars, soit 3,7 % du PIB.
En conséquence, un déficit primaire de l’ordre de 778 millions de dollars devrait apparaître pour la première fois en six ans. Au total, le déficit public devait atteindre 3,5 milliards de dollars, soit le double du déficit enregistré en 2005. Enfin, la dette devrait atteindre près de 41 milliards de dollars, soit 190 % du PIB.
« Cette situation impose au gouvernement de revoir ses priorités, sans renoncer au programme de réformes élaboré avant la guerre. Mais son volet social, par exemple, doit désormais figurer en tête des priorités. Pour sortir de cette situation, il est demandé un effort exceptionnel de la part de l’administration publique et de tous les citoyens pour soutenir les efforts internes et conforter l’aide internationale », conclut le rapport.
 
Mercredi 22 Novembre 2006 | 5:00 | Beyrouth