Lancement de l’émission « Sawtna »

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Lancement de l’émission « Sawtna » pour et par les jeunes de 14 à 20 ans
 
Série télévisée – Un partenariat entre l’Unicef, les Pays-Bas, la LBCI et des adolescents
 
Pour la première fois au Liban et au Moyen-Orient, un programme de télévision pour les jeunes, créé et produit par des jeunes de 14 à 20 ans, baptisé « Sawtna » (Notre voix), a été lancé hier conjointement par l’Unicef et la LBCI. L’événement s’est déroulé à l’hôtel Rotana Gefinor, avec la participation de l’ambassadeur des Pays-Bas, Gerard Van Epen, du représentant de l’Unicef au Liban, Roberto Laurenti, et de quelques jeunes participants. C’est d’ailleurs grâce au financement du gouvernement hollandais, à travers l’Unicef, que le programme a vu le jour.
Diffusée tous les mercredis et vendredis à 18h30, « Sawtna » est une émission de 10 minutes, qui met en scène 45 adolescents de toutes les communautés, sélectionnés par une vingtaine d’ONG en fonction de leur engagement dans la société civile, et ce à travers l’ensemble du territoire libanais. Ces jeunes abordent des problèmes de société les touchant de près, souvent tabous ou liés à des interdits sociaux, notamment le tabac, les droits de la femme, les mariages mixtes, la réincarnation, la drogue, mais aussi les problèmes liés au dernier conflit, comme les bombes à sous-munitions, l’exploitation d’un événement ou d’une situation par des personnalités…
Ces différents problèmes ont été sélectionnés par les jeunes eux-mêmes qui ont personnellement rédigé les textes, préparé et filmé la présentation des émissions, avant d’en effectuer le montage final. C’est au terme de deux années de préparation et à l’issue d’une formation intensive et d’un encadrement assurés par l’Unicef, qu’ils ont mené à bien leur mission.
Pour la première émission diffusée mercredi dernier par la LBCI, c’est le problème de la discrimination entre les sexes, dès la naissance, qu’a évoqué « Sawtna », à travers les témoignages et les observations des jeunes Mohammad Hanieh, Farah Kobeissi et bien d’autres encore. Les adolescents s’expriment ainsi librement sur la question. Ils racontent la joie des familles accueillant la naissance d’un garçon, alors que les visages se figent à la naissance d’une fille. Ils regrettent aussi la différence dans l’éducation entre filles et garçons au sein d’une même famille. Une éducation rigide, marquée par les interdits pour la fille, alors qu’elle ne pose aucune limite aux garçons. Ils demandent aussi l’avis de quelques adultes, de parents, de professeurs d’université, d’habitants de leur quartier ou leur village. Certes, le sujet est traité en surface, sans recherche, alors que les témoignages susceptibles de l’étoffer manquent. Mais les acteurs ne sont pas des professionnels et leur principal objectif est de toucher du doigt des sujets tabous, d’attirer l’attention des adultes, parents et dirigeants, sur des questions qui les tracassent, et qu’ils voudraient élucider. « Par cette émission, nous tenons à montrer que tous les jeunes du Liban vivent les mêmes problèmes, quelles que soient leur appartenance communautaire et leurs différences », souligne Farah Kobeissi.
Quant à la directrice du programme à la LBCI, Carmen Labaki, elle précise que même s’il y a des erreurs de syntaxe ou de cadrage de la part des jeunes, « c’est là le but recherché, car chacun s’exprime à sa façon. Et même si nous assurons la supervision, une grande liberté est laissée aux jeunes ».
« Tout en permettant aux adolescents de s’exprimer, “Sawtna” est une opportunité pour les adolescents d’établir les bases d’un dialogue entre eux et les adultes », a indiqué Roberto Laurenti. Par le choix notamment de sujets concernant l’environnement, la sécurité, la stabilité, les droits de l’homme, a estimé l’ambassadeur Gerard Van Epen, « l’émission devrait aussi permettre à la nouvelle génération de prendre conscience des défis au niveau du développement et de l’instauration de la paix au Liban ».
 
Vendredi 10 Novembre 2006 | 5:00 |