Interview avec Saad Hariri

Non classé
 
Saad Hariri : « Pas question d’un tiers de blocage en présence d’un président de blocage »
 
À la veille de l’ouverture des concertations politiques, le chef du Courant du futur, le député Saad Hariri, a affirmé qu’il se rendra place de l’Étoile « pour écouter » et « pour comprendre » les raisons pour lesquelles des forces qu’il affirme être des alliées de l’axe syro-iranien réclament le « tiers de blocage ».
Répondant aux questions de la journaliste May Chidiac, M. Hariri a affirmé qu’« il n’y aura pas de concessions, ni sur la souveraineté, ni sur le tribunal international, ni sur Paris III ».
Selon M. Hariri, le président bloque déjà assez de choses, pour qu’il n’y ait pas besoin d’une assistance. « On ne peut demander le tiers de blocage, tout en ayant un président de blocage », a-t-il déclaré, rappelant que le chef de l’État bloque en ce moment les nominations judiciaires, qu’il tente de bloquer l’organe de régulation de la téléphonie mobile, sans parler de son obstruction du tribunal international.
Selon M. Hariri, en ce qui concerne le tribunal international, le chef de l’État tente « ou de se protéger, ou de protéger le régime syrien ». Et de rappeler, avec amertume, le comportement « indigne » du chef de l’État syrien menaçant Rafic Hariri et se promettant de « détruire le Liban sur sa tête » s’il ne votait pas en faveur de la prorogation.
« L’assassinat de Rafic Hariri, alors qu’ils tenaient en main la situation au Liban, sera à jamais une honte pour eux », a-t-il lancé.
M. Hariri a rappelé par ailleurs que la campagne en faveur d’un bouleversement ministériel a été lancée par le président syrien Bachar el-Assad, et reprise en chœur par l’opposition au Liban.

« 99 % des décisions »
Revenant sur les motivations avancées par le Hezbollah pour exiger la formation d’un gouvernement d’union nationale, le chef du Courant du futur a assuré que « 99 % des décisions du gouvernement ont été prises de façon consensuelle », pour dire qu’en réalité « l’union nationale » dont il est question est assurée par des concertations permanentes, notamment durant la guerre.
La seule décision qui a été prise de façon non consensuelle, a-t-il rappelé, est celle de la création du tribunal à caractère international, décidée dans le feu de l’indignation qui avait marqué l’assassinat de Gebran Tuéni, le 12 décembre 2005.
Mais pour tout le reste, a assuré M. Hariri, et en particulier durant la période cruciale de la guerre, la concertation a été totale, soit directement avec le Hezbollah, soit par l’intermédiaire du président de la Chambre, Nabih Berry. « Il n’y a pas un seul mot dans la résolution 1701 qui n’a pas été approuvé par le Hezbollah », a lancé M. Hariri, qui a ajouté que le gouvernement « est parvenu à modifier un premier projet de résolution du Conseil de sécurité qui plaçait la Finul sous les dispositions de l’article 7 de l’ONU ». « Et cela s’est passé à 1h30 du matin », a-t-il précisé.
« L’idée de l’envoi de l’armée au Liban-Sud a été décidée d’un commun accord entre le Premier ministre, Fouad Siniora, et le président de la Chambre », a encore dit M. Hariri

Soupçons
Interrogé sur les soupçons que le Hezbollah nourrirait à l’égard du 14 Mars, qui l’aurait « poignardé dans le dos » pendant la guerre, et confronté à l’affirmation selon laquelle le Hezbollah aurait « l’enregistrement » d’un conversation compromettant le Premier ministre Siniora, M. Hariri a mis au défi le Hezbollah de le rendre public.
Au demeurant, a-t-il commenté en substance, ce serait bien embarrassant pour le Hezbollah, qui donnerait ainsi la preuve qu’il dispose de services d’écoute.
Mais renvoyant au Hezbollah ses accusations, M. Hariri a affirmé que ce n’est pas le Courant du futur qui reçoit de l’argent, des consignes et des armes de l’axe syro-iranien.
Toutefois, il a tenté de s’élever au-dessus de ces considérations, pour expliquer que les forces du 14 Mars ont pour mot d’ordre « le Liban d’abord » et qu’elles voient tous les appuis dont le gouvernement bénéficie à travers ce prisme.

Progrès sur Chebaa
Le chef du Courant du futur a laissé entendre, en particulier, que des progrès sont en cours sur le dossier des fermes de Chebaa et que cette partie du sol national a de bonnes chances d’être récupérée par la négociation.
« C’est ce gouvernement qui pourrait libérer Chebaa, et non un gouvernement qui marquerait le retour de la tutelle syrienne », a-t-il expliqué.
Du reste, M. Hariri s’est dit « étonné » de ce que l’on parle d’un gouvernement d’union nationale, quand l’attention devrait se concentrer sur des événements comme le forum Paris III, qui pourrait créer « des dizaines de milliers d’emplois ».
Se déclarant ouvert à l’idée que des ministres appartenant au courant du général Michel Aoun entrent au gouvernement, M. Hariri a déclaré qu’au départ, déjà, il était question d’étoffer le gouvernement actuel avec quatre ministres qui s’inscriraient dans la mouvance du CPL.
« Aujourd’hui, il est question de seulement trois ministres du CPL », a-t-il ajouté.
M. Hariri a toutefois affirmé avec force que les forces du 14 Mars ne se laisseront pas intimider, et qu’elles ne céderont pas à un ultimatum. « Aux manifestations, nous ferons face avec d’autres manifestations », a-t-il conclu.

 
Lundi 06 Novembre 2006 | 5:00 | Beyrouth

One thought on “Interview avec Saad Hariri

  1. bonjour,
    je te remercie pour tout ce que tu nous apprends par tous tes articles. J’avoue ne pas etre tres au courant de beaucoup de choses, mais il esst vrai que quand je viens chez toi, je me nourris de ton savoir. Merci pour cela, car on dit que l’on apprend tous les jours.
    A bientot
    Amicalement
    Frane

Comments are closed.