Les fermes de Chebaa

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« Certains tentent de ramener le Liban à l’ère de la tutelle », prévient Sfeir

Vers un prochain transfert de souveraineté des fermes de Chebaa à l’ONU ?

Si cela s’avérait être vrai, beaucoup de paramètres pourraient se voir modifiés dans les semaines à venir.
Selon l’agence UPI, qui rapportait des médias israéliens citant des sources proches du gouvernement Olmert, la chef de la diplomatie de l’État hébreu a informé hier ses collègues, au cours du Conseil des ministres, que le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a mandaté des experts onusiens pour délimiter les frontières des fermes de Chebaa. Une fois le tracé des frontières effectué, le Palais de Verre demandera, en concertation avec le cabinet israélien, le transfert de souveraineté des fermes de Chebaa à l’ONU, ajoute l’agence américaine.
Il n’en reste pas moins qu’une éventuelle confirmation de cette information (pourquoi pas dans le cadre de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Liban aujourd’hui…) pourrait avoir des conséquences certaines sur le nouveau round de dialogue proposé par Nabih Berry et reporté par ce dernier jusqu’au 6 novembre. Un dialogue qui s’annonce mal, à l’aune des discours et des mises en garde de plus en plus clairs et jusqu’au-boutistes de part et d’autre, et qui devrait impérativement se pencher sur la dernière mise en garde du patriarche maronite : « Certains tentent toujours de ramener le Liban à l’ère de la tutelle », a dit hier Mgr Sfeir, qui pourrait recevoir Nabih Berry cette semaine à Bkerké.

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La Russie se comporte comme si elle voulait « protéger le coupable » dans l’affaire Hariri, accuse Georges Adwan

Sfeir : Certains cherchent toujours à ramener le Liban à l’ère de la tutelle

Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a souligné hier qu’il existe des gens qui continuent d’œuvrer pour ramener le Liban à l’ère de la tutelle (syrienne).
Mgr Sfeir s’exprimait dans une homélie prononcée au cours de la messe dominicale, à Bkerké. « Ce que nous entendons et voyons ces jours-ci n’est guère rassurant. La société libanaise est divisée et il existe des gens qui continuent d’œuvrer pour ramener le Liban à l’ère de la tutelle », a déclaré le patriarche.
« Si les hommes politiques ne se laissent pas convaincre par la nécessité de faire en sorte que toutes les familles (spirituelles) libanaises aient leur rôle dans l’édification de l’État – un rôle indispensable –, si l’une ou l’autre de ces familles a le sentiment d’être marginalisée ou écartée des postes de responsabilité, les conséquences n’en seront pas positives », a ajouté Mgr Sfeir.
Par la suite, le numéro deux des Forces libanaises et député du Chouf, Georges Adwan, reçu par le chef de l’Église maronite, a rebondi sur les propos de ce dernier.
« J’ai entendu aujourd’hui les mots les plus pertinents dans l’homélie de Mgr Sfeir, lorsqu’il a parlé d’une tentative de ramener le pays à l’ère de la tutelle. C’est effectivement la question de l’heure parce qu’il existe une tentative sérieuse » de prendre le Liban dans cette direction, a déclaré M. Adwan.
« Nous sommes pour davantage de participation au pouvoir, mais si le but (de ceux qui réclament un gouvernement d’unité nationale) est de nous ramener en arrière et de participer (au cabinet) dans la perspective d’entraver le pouvoir, aucun sage ne saura l’accepter », a-t-il ajouté.
M. Adwan a d’autre part accusé la Russie de chercher à entraver la création du tribunal international pour juger les coupables de l’assassinat de Rafic Hariri.
« Il y a des tentatives sérieuses d’entraver le tribunal international, et en particulier, parmi les grandes puissances, de la part de la Russie qui remet en question l’avant-projet de règlement interne du tribunal », a-t-il souligné.
« Ce qui est surprenant, c’est que si les points que la Russie appelle à reconsidérer finissaient par l’être, cela dépouillerait le tribunal de toute capacité de parvenir à la vérité », a poursuivi M. Adwan, allant jusqu’à accuser Moscou de se comporter « comme s’il a identifié le coupable et cherche à le protéger ».
« Je souhaite que la Russie, qui avait montré par le passé de l’amitié pour le Liban, reprenne la voie tracée par cette amitié », a-t-il conclu.

Source: L’Orient Le Jour
Lundi 30 Octobre 2006 | 5:00 | Beyrouth