Incident aux Mureaux dans les Yvelines

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Les versions divergent sur les heurts survenus aux Mureaux après une intervention de police
 
Dimanche 1er octobre, vers 19 heures, la police a pris en chasse une voiture roulant rapidement, dont le conducteur refusait d’obtempérer, dans le quartier des Musiciens, aux Mureaux (Yvelines), ont affirmé dimanche soir des sources policières et judiciaires. Après avoir "foncé délibérément" sur un véhicule de police, le conducteur a été interpellé et menotté. C’est alors qu’environ 150 jeunes s’en sont pris aux forces de l’ordre, dans une impasse. Sept policiers ont été légèrement blessés et se sont vu prescrire une à deux semaines d’interruption temporaire de travail. Cette version est contestée par des témoins.
es agents chargés par la voiture en infraction se sont réfugiés dans la seconde voiture de police car ils commençaient à être caillassés, a affirmé lundi l’un des responsables du syndicat policier Synergie officiers, Patrick Trotignon. Un des policiers aurait alors tiré une fois en l’air pour tenir la foule en respect, tandis qu’une pierre lancée par un manifestant heurtait la bombe lacrymogène qu’un de ses collègues s’apprêtait à lancer. "Cette bombe a explosé avant d’être lancée, neutralisant plusieurs de nos collègues", a rapporté le syndicaliste. C’est cette arme de service qui aurait blessé trois des sept policiers touchés.

Les policiers agressés se sont finalement réfugiés dans une école du quartier, a ajouté M. Trotignon. La foule aurait ensuite pillé la première voiture de police abandonnée sur place, une 306 Peugeot.

"C’EST PAS NORMAL, ALLEZ-Y MOLLO !"

"C’était calme depuis quelque temps, mais nous sommes toujours sur le fil du rasoir", déplore le maire des Mureaux, François Garay, qui croit à la version policière des faits. "Ce qui est surprenant, c’est qu’hier soir les violences ont éclaté en réaction à l’action de la police, qui tentait d’arrêter quelqu’un en infraction", regrette-t-il, soulignant que les forces de l’ordre sont "choquées psychologiquement". L’incident a eu lieu dans un quartier de logements sociaux, à l’entrée des Mureaux, une ville classée dans la plupart des dispositifs sociaux.

Mais des témoins interrogés lundi contredisent la version officielle des faits. Selon eux, les jeunes qui ont affronté les forces de l’ordre n’étaient que quelques dizaines, une cinquantaine au plus. Surtout, ils auraient réagi à la brutalité de l’interpellation du conducteur en infraction. "Ils l’ont traîné direct hors de la voiture… Nous on est arrivés et on a dit : ‘C’est pas normal, allez-y mollo !’ Après, il y a eu des jets de pierres, les policiers se sont sauvés et ils ont laissé la voiture", a relaté un jeune homme qui affirme avoir participé aux échauffourées.

Un autre jeune d’une vingtaine d’années assure que "la personne était K.-O., en train de cracher ses dents. Ils l’ont traînée par terre. Les jeunes sont venus dire aux policiers de faire ça proprement". Selon un autre habitant, un "agent de prévention" de 28 ans, le contrevenant était "un jeune toxico, très maigre" : "Les policiers l’ont traîné au sol (…), des jeunes sont venus en exigeant qu’on appelle l’ambulance. Les policiers ont sorti l’extincteur et ont gazé tout le monde, c’est de là que c’est parti."

Aucune personne n’a été interpellée, selon les informations de police dimanche soir. Mais le commissaire des Mureaux s’apprête, lundi après-midi, à donner des informations à ce sujet.

Source: Le Monde
02.10.06 | 17h20


Le maire des Mureaux salue le rôle de ses médiateurs

La mairie met en avant le rôle de ses médiateurs, qui ont contribué à ramener le calme dimanche soir, après les heurts survenus entre policiers et habitants. Actifs aux Mureaux depuis plusieurs années, ces employés de terrain connaissent bien les habitants, souligne le maire, François Garay (divers gauche). Maire d’une ville habituée aux problèmes de violence, M. Garay regrette la suppression de la police de proximité en 2002. Pour "redonner le sens des valeurs" aux jeunes, et leur inculquer le respect de "l’autorité", il a transmis aux candidats à la présidentielle sa proposition de "passeport citoyen". Les présidentiables soutiennent, selon lui, cette "forme de service civil obligatoire".