Mon Liban…

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C’était il y a 24 ans, et à ce jour, ce rêve ne s’est toujours pas concrétisé…

Le 14 Septembre 1982, les Libanais ont vu leur rêve s’effondrer avec l’assassinat du Président élu Bachir Gemayel. Et depuis, fidèles au rendez-vous, ils sont là, par milliers, pour rendre hommage à cet homme qui a incarné en lui le Liban dont ils rêvaient, ainsi qu’aux centaines de milliers de martyrs tombés pour le rêve d’un Liban meilleur.

C’était il y a 24 ans, et à ce jour, ce rêve ne s’est toujours pas concrétisé. Bien au contraire. Depuis 1982, le Liban a plongé dans le gouffre. D’abord, la guerre qui a causé des centaines de milliers de martyrs. Ensuite, la crise économique, engendrée par le lendemain de la guerre, mais surtout, par la mainmise syrienne sur le pays. En 2005, les Libanais croient en leur bonne étoile. Le retrait syrien se réalise enfin, sous la pression internationale. Le sourire leur revient petit à petit. Pourtant, la guerre de Juillet 2006 leur rappelle des mauvais jours qu’ils voudraient tant oublier. Ils quittent le pays, désabusés par cette guerre qui n’est pas la leur et qu’ils n’ont jamais voulue. Les jeunes du Liban, qui ont ému le monde entier par leur détermination et leur persévérance, place de la Liberté, ressentent de nouveau cette frustration et cette impuissance. En effet, malgré tous les efforts déployés, le pays est de nouveau entraîné dans une guerre qui dévaste le pays.  En un mois, la majorité de l’infrastructure est anéantie, laissant derrière elle des dégâts économiques considérables, ainsi que des déplacés et plus de 2000 morts. C’est dire que c’était trop beau pour être vrai.

Mais que penseraient donc tous ces martyrs qui sont tombés pour le rêve d’un Liban meilleur, ceux-là même qui ont combattu corps et âme pour que nous, les jeunes, puissions grandir et s’épanouir dans un pays qu’on a longtemps surnommé « La Suisse de l’Orient » ? Que penserait le Président élu de 33 ans, assassiné 21 jours après son élection, s’il nous voyait à nous, les jeunes, debout devant les portes des ambassades, en attendant nos visas pour émigrer, en l’espoir d’un avenir meilleur ?

Mes compatriotes, mes frères et sœurs, c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui. Vous qui êtes accourus par centaines de milliers pour commémorer la mémoire de nos martyrs. Vous êtes venus leur dire que vous ne les avez pas oubliés. Mais brandir des drapeaux et des photos ne suffira pas. Pour chaque goutte de sang qui a été versée pour le Liban, pour chaque mère qui a perdu un fils, pour chaque épouse qui a perdu un mari, pour chaque enfant qui a perdu un père, battez-vous. Non pas avec les armes, mais avec le cœur. Serrons-nous les coudes, pour montrer à nos martyrs qu’ils n’ont pas eu tort de sacrifier leur vie pour ce si beau pays qui est le nôtre. Le Liban appartient aux Libanais, et c’est à eux que revient la lourde tâche de le reconstruire C’est à vous et moi, chers compatriotes, d’honorer la mémoire de nos martyrs, en réalisant ce qu’ils ont voulu concrétiser depuis si longtemps. Aussi, je vous demande, en leur nom, de croire en notre pays, et de vous battre pour lui.

Gebran Khalil Gebran a un jour dit : «  Le Liban n’eût-il été mon pays, je l’aurais choisi pour patrie ».

Le Liban est notre patrie. C’est de notre devoir de le préserver et de le reconstruire. Pour la mémoire de nos martyrs.

T.M.

                        L’équipe FL