Beyrouth menace de saisir l’ONU si Israël ne se retire pas d’ici une semaine

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Beyrouth menace de saisir l’ONU si Israël ne se retire pas d’ici une semaine

BEYROUTH (AFP) – Le Liban a affirmé jeudi qu’il saisirait le Conseil de sécurité de l’ONU si Israël n’achevait pas son retrait du Liban sud d’ici une semaine, alors que des partisans du Hezbollah affluaient vers Beyrouth où le parti chiite doit célébrer vendredi sa "victoire" contre Israël.

M. Murr a indiqué que le représentant du secrétaire général de l’ONU au Liban, Geir Pedersen, l’avait informé mercredi que "la date limite maximum du retrait israélien du Liban sera vendredi prochain, soit une semaine à partir de maintenant".

"Si le retrait ne s’achève pas d’ici (là), le Liban saisira le Conseil de sécurité de l’ONU", a déclaré M. Murr à l’issue d’une réunion du cabinet.

Israël a annoncé mercredi le départ imminent de ses derniers soldats déployés au Liban sud, mais sans donner de date précise.

L’Etat hébreu a entamé un retrait progressif de cette région après l’arrêt des combats avec le Hezbollah le 14 août, mais indiqué qu’il attendait que la Force intérimaire de l’ONU (Finul) ait atteint 5.000 hommes pour achever cette opération.

Or, cette force a "atteint 5.000 hommes au Liban", a déclaré mercredi son porte-parole, Alexander Ivanko.

A New York, le président libanais Emile Lahoud a pour sa part affirmé que son pays se réservait le droit de poursuivre Israël pour réclamer des réparations pour les dommages causés par l’Etat hébreu durant son mois d’offensive au Liban.

"Le Liban se réserve le droit de poursuivre Israël devant les organes compétents, notamment cette vénérable assemblée, ou celle du tribunal international, et de demander des réparations appropriées pour toutes les catastrophes qu’Israël a infligées au Liban", a-t-il dit devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Dans le sud du pays, où se déploient des milliers de soldats de la Finul et de l’armée libanaise, des centaines d’habitants ont pris la route à pied pour rejoindre la banlieue sud de Beyrouth, où le Hezbollah a appelé à une manifestation de masse vendredi pour célébrer sa "divine victoire" contre Israël.

Les marcheurs partis de 25 localités, dévastées par l’offensive israélienne en juillet et en août, portaient des banderoles à la gloire de Hassan Nasrallah, le chef du parti chiite. "Laisse nous t’embrasser les pieds", "Toute la nation te dit +à tes ordres Nasrallah+", pouvait-on lire sur certaines d’entre elles.

Les marcheurs sont arrivés en fin de journée à Saïda (45 km au sud de Beyrouth), avant de repartir vendredi vers Beyrouth.

D’autres partisans du Hezbollah ont défilé à Tyr (83 km au sud de Beyrouth) avant de rejoindre également Beyrouth, à pied et en voiture. L’aviation israélienne a survolé à basse altitude cette ville au moment du rassemblement, selon un correspondant de l’AFP.

A Beyrouth, les spéculations allaient bon train sur la présence de Nasrallah au rassemblement de vendredi alors qu’il vit caché depuis le début de la guerre de crainte d’une attaque israélienne.

L’armée israélienne avait indiqué l’avoir visé, sans succès, lors d’un bombardement aérien le 14 juillet, et prévenu qu’elle continuerait de le pourchasser malgré le cessez-le-feu.

"Les principaux dirigeants du Hezbollah seront présents, mais on ne peut dire si seyyed Hassan Nasrallah sera là pour des raisons de sécurité", a déclaré à l’AFP un porte-parole du Hezbollah, Hussein Rahal.

Par ailleurs, le gouvernement libanais a porté plainte auprès de la Finul contre ce qu’il estime être "la poursuite des violations israéliennes de la souveraineté libanaise", selon un porte-parole gouvernemental, en référence au survol israélien de l’espace aérien libanais et au pompage des eaux de la rivière Wazzani.

Le porte-parole des Casques bleus, Alexander Ivanko, a indiqué à l’AFP que la Finul avait ouvert une enquête.

En Israël, le Premier ministre Ehud Olmert, sous le feu des critiques pour sa conduite de la guerre au Liban, a revendiqué jeudi sa décision d’avoir engagé l’offensive au Liban, affirmant:" si c’était à refaire je le referais".
 
Par Salim YASSINE
 
Source: Yahoo Actualités, jeudi 21 septembre 2006, 23h22