Coup d’envoi historique de la première campagne électorale d’une Koweïtienne

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Aïcha al-Rachid veut devenir la première femme à siéger au Parlement
 
Coup d’envoi historique de la première campagne électorale d’une Koweïtienne
 
Publié le mardi 6 juin 2006
 
Aïcha al-Rachid a donné le coup d’envoi de sa campagne pour les élections anticipées du 29 juin au Koweït, un évènement historique, puisque c’était le premier rassemblement électoral organisé par une femme candidate au Parlement dans l’histoire de cette monarchie pétrolière.
Célibataire, la trentaine, cette journaliste, qui collabore occasionnellement avec un grand quotidien local, était l’une des cinq premières femmes à s’être portées candidates aux législatives.
Aïcha al-Rachid ambitionne de devenir la première Koweïtienne à siéger au Parlement de 50 sièges, un an après que les femmes ont gagné leur droit de vote et d’éligibilité grâce à un vote historique au Parlement. Mais pour elle, tout reste à faire. « La situation des femmes koweïtiennes est désastreuse. Plusieurs lois doivent être amendées pour améliorer leurs conditions, et je travaillerai pour cela si je suis élue », a promis la candidate dimanche soir. Les Koweïtiennes étaient privées de leurs droits politiques depuis la création du Parlement en 1962.
Des centaines d’hommes et de femmes de la circonscription de Aïcha al-Rachid et d’autres régions du Koweït ont assisté à l’événement, qui fera date dans l’histoire du Koweït, étant le premier rassemblement d’une candidate à des élections parlementaires. Les femmes y étaient deux fois plus nombreuses que les hommes, applaudissant chaleureusement tout intervenant qui évoquait le traitement « injuste » des femmes dans cette monarchie conservatrice du Golfe. « Nous avons attendu 43 ans pour obtenir nos droits politiques. Les hommes dans les précédentes assemblées n’ont rendu aucune justice à la cause des femmes. Maintenant, il est temps que nous nous prenions en charge », a ainsi lancé Mounira al-Khamis, une femme âgée, sous des applaudissements nourris. « Durant les dix précédentes élections, les candidats ne s’étaient pas intéressés aux femmes car elles n’avaient pas le droit de vote. Maintenant, ils nous courtisent car nous pouvons voter », dit une autre intervenante sous les acclamations. Des femmes portaient la abaya traditionnelle, une robe noire les couvrant de la tête aux pieds, certaines se couvrant le visage. D’autres se couvraient seulement la tête, et plusieurs Koweïtiennes modernes étaient en jeans serrés et très maquillées.
Aïcha al-Rachid, la tête couverte, portait une chemise bleue à manches longues et une longue jupe bleu marine.
Le corps électoral est formé de 340 000 personnes, dont 195 000, soit 57 % de l’électorat, sont des femmes, les militaires, des hommes, étant exclus du vote.
Trente-deux femmes figurent parmi les 402 candidats qui se sont inscrits pour les législatives, les 11e au Koweït.
Aïcha al-Rachid se présente dans le district de Keïfan, un fief islamiste, où deux membres du mouvement radical Salaf avaient été élus lors des deux dernières législatives.
Elle est l’unique femme parmi les 7 candidats de sa circonscription, dont les deux députés du Parlement dissous, lesquels font partie des 29 députés de l’opposition.