Les communautés orthodoxes ont célébré Pâques, dimanche

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Audeh dresse un triste bilan de la situation politique dans le pays

 
 

 

 
«Ce qui me fait peur, c’est que les discours politiques ne sont pas fondés la plupart du temps sur la vérité et sur l’amour sincère du pays. » Dans l’homélie qu’il a prononcée à l’occasion des Pâques orthodoxes, le métropolite Élias Audeh a déploré la polémique politique qui fait rage dans le pays et prié pour que les participants au dialogue qui se retrouveront vendredi de nouveau, place de l’Étoile, « retrouvent la bonne voie ».
Mgr Audeh a célébré à 6h, dimanche, la « hajmé » et la messe pascale, en la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes, en présence d’une foule de fidèles, dont, notamment, les ministres de la Culture et de l’Environnement, Tarek Mitri et Yaacoub Sarraf, et l’ambassadeur de Grande-Bretagne, James Watt.
Il a consacré une partie de son homélie à la polémique politique qui s’est récemment exacerbée dans le pays. « Les propos creux sont nombreux et nous nous y sommes habitués. La plupart des politiciens échangent des propos creux, causant du tort à leurs compatriotes et au pays, alors que notre peuple souffre. Leurs discours ne rassasient pas les ventres vides et n’édifient pas des États », a déploré le métropolite qui s’est en susbtance interrogé sur les allégances politiques.
Soulignant que « la polémique est destinée à la consommation locale », il a demandé aux fidèles de ne pas prêter l’oreille à ce qui se dit, « sinon vous vous sentirez perdus ».
« Ils se disputent puis ils se réconcilient comme s’ils regrettaient ce qu’ils avaient dit. Que Dieu leur pardonne. Leurs discours sont destinés à la consommation locale et sont bien loin de la vérité. Chacun d’eux aime sa tribu et ses intérêts. Le pays est le dernier de leurs soucis et celui qui le place en tête de ses priorités est accusé de sanctifier la terre », a-t-il dit, dans ce qui semble être une allusion à un récent discours du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui avait reproché à la majorité de « vouloir bientôt sanctifier le Liban ».
« Ce qui me fait peur, a poursuivi Mgr Audeh, c’est que les discours politiques ne sont pas fondés la plupart du temps sur la vérité et sur l’amour sincère du pays. Je ne condamne personne. C’est juste une impression tirée de ce que j’entends autour de moi de nos fils qui ne croient plus à ce qu’ils entendent. » Il a mis l’accent sur l’amertume ressentie par la population, « la première fois lorsqu’elle voit la situation navrante à laquelle on est arrivé et la deuxième fois lorsqu’elle n’entend rien qui puisse lui permettre d’espérer un avenir meilleur ».
Au terme de la messe pascale, il est revenu à la charge, déplorant l’état de siège imposé au centre-ville – « je suis moi-même obligé à chaque fois que je viens à la cathédrale de donner mon nom et le numéro de ma voiture à l’agent de garde » – et priant pour que les participants au dialogue « retrouvent la bonne voie et terminent (leurs concertations) avant que nos vies ne se terminent ».
La veille, le samedi saint, Mgr Audeh avait présidé en soirée en la cathédrale Saint-Georges une cérémonie organisée pour un événement qui a eu lieu pour la première fois : une messe pour la réception d’une des trente-trois flammes sacrées (symbolisant l’âge du Christ) provenant de la tombe de Jésus à Jérusalem.
Le samedi saint de chaque année, l’évêque grec-orthodoxe de Jérusalem entre, vêtu d’une simple soutane blanche, dans la tombe du Christ, située dans l’église de la Résurrection, après avoir été minutieusement fouillé par des musulmans qui s’assurent qu’il ne porte aucun briquet ou allumette sur lui. Sur la pierre où le corps de Jésus avait été étendu, une lampe à huile éteinte est déposée. La mèche s’allume miraculeusement vers midi, au moment où l’évêque récite ses prières, grâce à un feu sacré qui émane de la tombe. À partir de cette lampe, trente-trois bougies sont allumées et envoyées aux quatre coins du monde. L’une d’elles a été envoyée pour la première fois samedi, au Liban, avec une délégation cléricale de Jérusalem.
Une foule nombreuse attendait la délégation, place de l’Étoile, où la cathédrale, dont les lumières avaient été éteintes, a brillé de mille feux lorsque les fidèles ont allumé chacun sa bougie de « la lumière sacrée » du cierge de Jérusalem.
 
Source: L’ORIENT LE JOUR