Marché de l’immobilier: Saïfi-Gemmayzé, un nouveau visage à l’horizon

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Saïfi-Gemmayzé, un nouveau visage à l’horizon

 

C’est la région à la mode qui focalise toutes les attentions. Les restaurateurs s’y bousculent pour y trouver un local vacant et les promoteurs s’arrachent à prix d’or les parcelles encore disponibles. Tout semble aller pour le mieux, mais à y regarder de plus prêt, Saïfi et Gemmayzé sont en danger. Victime de son succès, la région est en train de perdre sa quiétude, son charme, sa spécificité et son authenticité.
Si, en 2003, on s’enthousiasmait de l’arrivée des premiers cafés et restaurants rue Gouraud, on s’inquiète aujourd’hui du nombre impressionnant d’établissements qui s’y sont installés en l’espace de quelques mois. Aujourd’hui, une trentaine d’enseignes sont réparties dans le quartier. Toutes les rues (Gouraud, Pasteur, Youssef Hoayek, Mar Maroun et du Liban) sont touchées par cette vague. À ce rythme, les derniers artisans, les épiceries et les boutiquiers qui somnolaient depuis des années fermeront les uns après les autres. Dans le même temps, les riverains sont excédés par les nuisances sonores occasionnées par les centaines de noctambules qui s’y rendent chaque soir. Cette frénésie de la restauration a des conséquences directes sur l’évolution des loyers qui ont augmenté de 260 % en quatre ans.
Le boom immobilier prend également une tournure inquiétante. Saïfi et Gemmayzé sont en train de changer de visage. Le paysage de petites ruelles avec leurs jardins isolés, leurs maisons traditionnelles et leurs immeubles du siècle passé tend à laisser la place à des tours résidentielles. Actuellement, huit immeubles sont en construction (Convivium V, Convivium III, Medawar Tower, Saifi Homes, Saifi Pearl, Saifi 622, al-Dalal Residence, Saifi 606). D’autres projets vont bientôt démarrer ou sont déjà en phase de prévente. Bénéficiant d’un coefficient d’exploitation avantageux, certains projets vont atteindre 20 étages, voire plus. Cela devient choquant de construire des barres résidentielles de 75 à 100 mètres de hauteur dans un quartier censé symboliser l’ancien Beyrouth. L’intérêt financier prend toujours le pas sur l’intérêt esthétique. Actuellement, de nombreux maisons et vieux immeubles de 3-4 étages sont à l’abandon. S’ils ne sont pas sauvegardés et réhabilités rapidement, ils n’auront aucune chance face à l’appétit des promoteurs à l’affût de la moindre opportunité. Parallèlement, les prix des appartements connaissent également une évolution galopante. Si, en 2001-2002, les appartements dans les premiers étages pouvaient se vendre de 1 100 à 1 200 dollars le m2, désormais, les prix demandés varient de 1 700 à 2 000 dollars le m2, voire plus dans certains cas. Ces tarifs font partie des plus élevés d’Achrafieh.
Autre changement à l’horizon, des fonctions hôtelières dignes de ce nom vont bientôt faire leur apparition à Saïfi et Gemmayzé. Les groupes BREI et Mouawad Projects ont deux projets en vue. Le premier construit un hôtel rue Gouraud et le second un immeuble d’appartements meublés rue Maroun Naccache. Ces judicieuses initiatives seront les bienvenues et feront oublier les miteuses pensions peu fréquentables situées à proximité de l’enseigne Paul.

En coopération avec RAMCO

 

Source: L’ORIENT LE JOUR