Le prix mondial Guillermo Cano pour la liberté d’expression à May Chidiac

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Le directeur général de l’Unesco l’a annoncé hier à la journaliste au cours d’une cérémonie, place Fontenoy
 
Le prix mondial Guillermo Cano pour la liberté d’expression à May Chidiac
 
 

 
 
«Je tiens plus que jamais à mes chaussures à talons-aiguilles et continuerai à en porter », a lancé May Chidiac aux journalistes venus la retrouver au siège de l’Unesco, place Fontenoy, après son entretien avec le directeur général, Koïchiro Matsuura, qui lui a annoncé qu’elle était la lauréate de l’année 2006 du prix mondial Guillermo Cano pour la liberté d’expression.
Un moral d’acier, une volonté de fer et une rage de vivre exemplaire animent la journaliste. « Au Liban, la volonté de vivre triomphe toujours de la peur et de la mort, et nous avons su, aux pires moments de la guerre, garder le moral, continuer à vivre, faire la fête pour narguer ceux qui voulaient nous terroriser », a ajouté May Chidiac, précisant qu’elle reprendrait ses activités d’ici à quelques semaines.
Probablement après le 3 mai prochain, date à laquelle elle recevra son prix à Colombo, capitale du Sri Lanka, au cours d’une cérémonie qui s’y déroulera à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Le jury international de cette année comprenait 14 membres, dont deux Arabes (le Yéménite Walid as-Saqqaf et le Jordanien Daoud Khattab), et la décision de choisir notre consœur libanaise a été prise à l’unanimité. Le jury du premier prix Guillermo Cano, décerné en 1997, comprenait notamment Ghassan Tuéni.
Après avoir été informée de la décision du jury en sa faveur, May Chidiac a évoqué avec le directeur général de l’Unesco le souvenir de ses camarades Samir Kassir et Gebran Tuéni qui ont, eux, payé de leur vie leur attachement à la liberté d’expression.
« Gebran a été le dernier de nos martyrs, mais nous poursuivrons le combat », a encore dit Mme Chidiac devant les journalistes et les autres dirigeants de l’Unesco, parmi lesquels Ahmad Sayyad, sous-directeur général pour les relations extérieures et la coopération, et Abdelwahed Khan, sous-directeur général pour la communication, ainsi que l’ambassadrice du Liban près l’Unesco, Samira Hanna el-Daher.
Créé en 1997 par le conseil exécutif de l’Unesco, le prix Guillermo Cano (du nom d’un journaliste colombien assassiné en 1987 pour avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays) est destiné à mettre en valeur le travail d’une personne, d’une organisation ou d’une institution défendant la liberté d’expression n’importe où dans le monde, surtout si cette action a mis sa vie en danger.
Les candidats sont proposés par les États membres de l’Unesco, ainsi que par des organisations régionales ou internationales qui assurent la promotion de la liberté d’expression.
 
Paris, d’Elie Masboungi
 

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