Rice : La communauté internationale doit empêcher la Syrie de « terroriser » le Liban

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Application intégrale de la 1559 ; Baabda doit redevenir un « objet de fierté » pour les Libanais, martèle la secrétaire d’État
 
Rice : La communauté internationale doit empêcher la Syrie de « terroriser » le Liban
 
La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a estimé hier que la manifestation de mardi, à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri, rappelle à la communauté internationale son devoir d’amener la Syrie à cesser de « terroriser » le Liban.
Mme Rice, interrogée par Marcel Ghanem de la LBC, a, d’autre part, réaffirmé la nécessité d’une application intégrale de la résolution 1559, soulignant que le Hezbollah doit « abandonner le terrorisme et désarmer ». Elle a en outre souhaité que la présidence de la République redevienne « un objet de fierté » pour les Libanais.
« La manifestation dans les rues de Beyrouth nous rappelle combien le peuple libanais apprécie sa liberté et sa démocratie », a déclaré Mme Rice.
« La route vers la démocratie est ardue. J’ai vu les drapeaux libanais et, à mon avis, c’était une expression stupéfiante de ce que pourrait être le Liban et de ce qu’il sera. Il y a encore des réformes économiques à mettre en œuvre et un développement politique nécessaire avec l’application intégrale de la résolution 1559 », a-t-elle ajouté.
« Nous espérons que la présidence libanaise sera un objet de fierté pour tout le peuple libanais », a-t-elle dit. « Tout le monde pense que la présidence doit représenter l’aspiration à un Liban indépendant et non à un Liban qui se remémore l’occupation et les ingérences étrangères. Il faut que la présidence symbolise l’avenir. Cela entre dans le cadre de la libération des institutions politiques libanaises des ingérences étrangères et de leur propre passé », a encore dit Mme Rice.
« Naturellement, nous resterons aux côtés du peuple libanais afin qu’il sache qu’il ne sera plus la cible de la terreur de la part de ses voisins. La communauté internationale insiste pour que la Syrie respecte la résolution 1559, qu’elle ne s’ingère plus dans les affaires libanaises et qu’elle ne cherche plus à terroriser le peuple libanais », a poursuivi la secrétaire d’État.
Selon elle, « il n’y a pas de délai fixe pour l’application de la 1559. Le Liban se doit de l’appliquer en vertu d’un engagement international. Nous comprenons que le système politique libanais est en évolution et qu’il traverse une phase transitoire, mais en fin de compte, quel que soit le cadre politique, il n’est tout simplement pas possible d’accepter le maintien d’une milice armée ».
« Notre position à l’égard du Hezbollah n’a pas changé. Il s’agit d’une organisation qui a commis des actes terroristes non seulement contre des populations du Proche-Orient, mais aussi contre des Américains. En conséquence, à notre avis, le Hezbollah doit abandonner le terrorisme et se désarmer », a-t-elle dit, avant d’ajouter : « La 1559 n’a pas établi de distinction entre des milices armées. Elle évoque la nécessaire unicité de l’autorité et de l’armée libanaises sur le territoire libanais. »
Priée de donner son opinion au sujet du document d’entente Aoun-Nasrallah, Mme Rice a évité de se prononcer directement, se contentant de souligner que « tout ce qui se décide dans le cadre de la vie politique libanaise doit tenir compte des devoirs internationaux du Liban et ces devoirs sont clairs en vertu de la 1559 ». « Cette résolution doit rester au cœur des activités des hommes politiques libanais », a-t-elle dit.
« Nous considérons que la politique de la Syrie est néfaste pour beaucoup de ses voisins. Les Syriens continuent à créer un climat de terreur et d’instabilité au Liban et cela est directement lié aux attentats visant des personnalités libanaises », a-t-elle ajouté.
Pour elle, « le message porté par la commémoration de l’anniversaire du meurtre de Rafic Hariri rappelle à la communauté internationale qu’il est de son devoir de faire comprendre aux voisins du Liban et notamment à la Syrie qu’il ne leur est plus permis de terroriser le Liban et de s’ingérer dans le système politique libanais ». « La Syrie, l’Iran et d’autres pouvoirs dans la région doivent permettre au peuple libanais de réaliser ce qu’il est descendu exprimer dans la rue », a-t-elle insisté.