Informations-chocs à l’appui, l’Alliance du 14 mars accuse la Syrie de vouloir faire du Liban un deuxième Irak

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Informations-chocs à l’appui, l’Alliance du 14 mars accuse la Syrie de vouloir faire du Liban un deuxième Irak

 
Aoun et Nasrallah scellent un document d’entente à l’échelle nationale
 
Les répliques du séisme d’Achrafieh ne sont pas que négatives. Au même moment hier, et moins de 24 heures après que l’impensable a été évité grâce à la sagesse des uns et des autres, deux bombes politiques étaient lâchées, l’une à Clemenceau, au domicile de Walid Joumblatt, et l’autre à Chiyah, en l’église Saint-Michel. À Clemenceau, le Courant du futur, le PSP, les FL, les Kataëb, le PNL, le RD, le BN, la GD et KC accusaient Damas, informations-chocs à l’appui, de vouloir faire du Liban un deuxième Irak. « Assef Chawkat a dépêché Mohammad Chaar à Bnechay pour préparer » les émeutes de dimanche, a notamment accusé l’Alliance du 14 mars, établissant par ailleurs un plan de travail pour les semaines à venir. Parallèlement, à Chiyah, Michel Aoun et Hassan Nasrallah se sont réunis pendant deux heures, et ont scellé un « document d’entente » à l’échelle nationale, dont on retiendra notamment la nécessité de dialoguer sur les armes du Hezb, celle d’établir des relations diplomatiques avec la Syrie, un appel aux Libanais réfugiés en Israël pour qu’ils retournent au bercail et une invitation à toutes les parties à adhérer à cette feuille de route. Deux actes forts aujourd’hui, deux démarches rassurantes. Qui doivent encore prouver, l’une comme l’autre, leur efficacité.

 

Conférence de presse conjointe des dirigeants du CPL et du Hezbollah à l’église Mar Mikhaël

Aoun et Nasrallah : Un document souverainiste et une vision commune du Liban

 

Après la terrible secousse de dimanche, c’est un autre visage du Liban qui est apparu hier, celui de l’entente, de la coopération et de l’édification de l’avenir. La rencontre entre le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah, qui, selon les deux hommes, était fixée depuis quelques jours, est donc venue effacer les terribles images de violence à Achrafieh, ou en tout cas montrer que le Liban reste, malgré les bévues, un espace de convivialité, de dialogue et d’espoir.
De plus, le choix du lieu de la rencontre, l’église Mar Mikhaël à Chiyah, détruite pendant la guerre et reconstruite comme une affirmation de la détermination des chrétiens à renouer les liens de la coexistence, est à lui seul un symbole voulu et un message à tous ceux qui misent sur les dissensions confessionnelles.
Entamées officiellement depuis le retour du général d’exil, en mai dernier, les négociations entre le CPL et le Hezbollah, menées par deux équipes, à leur tête Gebran Bassil et Ghaleb Abou Zeinab, ont donc finalement porté leurs fruits.

Pas d’accord verbal,
mais un document écrit
Cette fois, comme l’a bien souligné sayyed Nasrallah, il n’était pas question de conclure un accord verbal, comme ce fut le cas avec l’alliance quadripartite (avec Amal, le PSP et le Courant du futur), mais de signer un document qui représente en fait une vision du Liban et un véritable projet national.
Le sourire et l’allure décontractée de sayyed Nasrallah et du général Aoun n’ont pas réussi à faire oublier la solennité du moment. Dans cette période trouble où les vieilles peurs remontent à la surface, les deux courants, l’un chrétien et l’autre chiite, ont voulu mettre en commun leurs aspirations pour le Liban, en toute franchise et sans éviter d’évoquer les sujets délicats ou litigieux.
C’est d’ailleurs la première fois qu’entre deux parties libanaises un document aussi complet, qui ressemble fort à une Constitution, est présenté à l’opinion publique. Et, comme l’a déclaré le général Aoun, il n’est dirigé contre personne, « au contraire, toutes les autres parties sont invitées à le discuter ». Il n’est pas non plus une façon pour le CPL de rallier « l’axe irano-syrien ». « C’est un document souverainiste, a insisté le général. Il n’y est nulle part question de l’Iran. Quant à la Syrie, nous cherchons à établir des relations saines avec elle, avec une représentation diplomatique et en essayant de régler les problèmes en suspens, dont le dossier des détenus libanais chez elle. »
À plusieurs reprises, le secrétaire général du Hezbollah a refusé d’utiliser le terme d’alliance pour qualifier ses nouvelles relations avec le CPL, se contentant de parler de coopération. Chat échaudé…
Interrogé d’ailleurs sur les garanties d’application de ce document, Nasrallah a précisé que le Hezbollah a en commun avec le CPL la franchise et la transparence. « Les négociations se sont faites cartes sur table et avec minutie. C’est pourquoi elles ont pris du temps. De plus, il y a un document écrit qui est actuellement entre les mains des citoyens », a-t-il souligné.

L’accord n’est dirigé contre aucune partie libanaise
Aoun et Nasrallah ont nié que cette rencontre signifie l’émergence d’un acte maronito-chiite face à l’axe druzo-sunnite. Au contraire, toutes les autres parties sont invitées à adopter ce document. Elle n’est pas non plus dirigée contre le gouvernement, et cela n’a rien à voir avec la rencontre annoncée, mais dont la date n’a pas été fixée, entre le général et le chef du PSP. « D’ailleurs, a ajouté sayyed Nasrallah, le général a toujours appelé à la tenue d’une table ronde qui regrouperait toutes les parties. »
Tout au long de la conférence de presse, les deux hommes semblaient en harmonie et répondaient parfois l’un à la place de l’autre. En réponse à une question sur une possible baisse de sa popularité chez les chrétiens après cette rencontre, Aoun a affirmé que, selon lui, les chrétiens sont suffisamment mûrs pour ne pas réagir ainsi. « Ils liront le document et jugeront sur cette base », a-t-il ajouté.
Les deux hommes ont affirmé que leur objectif est la souveraineté, la protection et l’indépendance du Liban, ainsi que l’édification d’un État fort, capable d’assurer le bien-être et la protection des citoyens, capable d’assumer ses responsabilités, au lieu de jeter la faute sur les autres. « Avec ce document, a insisté le général, nous n’aurons plus besoin de nous rendre auprès des différentes capitales étrangères, à la recherche de solutions à nos problèmes. »
Nasrallah et Aoun ont réaffirmé leur détermination à lutter contre la corruption, par le biais de l’appel à un audit financier qui déterminera les responsables de l’endettement public.
Mais ce qui a le plus étonné les journalistes, c’est que le document commun évoque le dossier des Libanais réfugiés en Israël. Il les appelle à rentrer au pays, avec leurs familles, faisant une sorte de mixage entre le discours de Nasrallah, après le retrait israélien en mai 2000, et celui du général au Parlement. Interrogé sur ce point, Nasrallah a déclaré : « Il ne s’agit pas de réclamer une amnistie générale. Mais nous ne voulons pas que des Libanais restent en Israël avec leurs familles. Celles-ci pourront revenir chez elles ; quant aux hommes, ils devront se présenter devant la justice. Et nous savons tous comment celle-ci a traité les précédents cas de ce genre… »
De même, le document évoque les armes de la Résistance et affirme qu’elles sont liées à la libération du territoire, à la libération des détenus libanais en Israël et à la neutralisation de la menace que représente Israël, par le biais d’un dialogue avec toutes les parties visant à établir une stratégie de défense. En somme, c’est la première fois que le Hezbollah admet officiellement l’idée que ses armes ne sont pas éternelles.
Tous les sujets ont été traités avec clarté et franchise, dépassant ainsi ce que l’on croyait être des tabous.

Non à l’exploitation
des événements
à des fins politiques
Mais les journalistes n’ont pas voulu s’en tenir au document et ils ont posé des questions sur les événements de dimanche. Nasrallah et Aoun les ont vivement condamnés, laissant entendre que leur rencontre aujourd’hui prend une nouvelle dimension, après ces événements. Ils ont aussi rendu hommage aux habitants d’Achrafieh. Tout en affirmant qu’il ne cherche à défendre personne, Nasrallah a refusé le principe des accusations immédiates « qui, a-t-il dit, ressemblent à des règlements de comptes politiques. Tous les événements dramatiques sont exploités de manière à servir une bataille politique que certaines parties veulent mener jusqu’au bout. Nous autres, nous pensons que ce n’est pas là l’intérêt du Liban. Nous préférons attendre les résultats de l’enquête, à condition qu’elle soit transparente. Or, les nouvelles que nous sommes en train de recevoir ne semblent pas très encourageantes. Comment, par exemple, peut-on accuser Sleimane Frangié d’être derrière les événements d’hier ? Qu’a-t-il à voir avec ces développements ? … »
Nasrallah a encore ajouté qu’il y a deux hypothèses pour expliquer les événements de dimanche : soit il y a eu une infiltration d’éléments incontrôlés parmi les manifestants, soit il y a eu incompétence de la part des forces de l’ordre. Et dans les deux cas, il faut une enquête crédible. « Mais certains veulent de toute façon accuser la Syrie. Ce n’est donc pas la peine pour eux d’attendre l’enquête », a souligné le chef du Hezbollah.
Abordant la partielle de Baabda-Aley, les deux hommes ont précisé qu’elle n’a pas été évoquée, mais que le climat positif de cette rencontre rejaillira certainement sur cette élection.
À la question de savoir si ce document représente un refus de la 1559, alors que le général avait accepté cette résolution, Aoun a répondu que ce sont deux choses différentes. Il s’agit là d’un document interne, fruit du dialogue.
Après cette nouvelle coopération, Nasrallah compte-t-il organiser une rencontre entre le général et le président syrien Bachar el-Assad ? « Pourquoi pas ? » a répondu Nasrallah. Je souhaiterais que tous les Libanais aient d’excellentes relations avec les Syriens. Mais dans le document, nous avons décidé que ces relations doivent passer par les institutions des deux pays. »
Interrogé sur l’autodéfense, le général a affirmé qu’il y était fermement opposé. « Elle est inacceptable, sauf si l’État déclare sa faillite et que nous ne parvenons pas à assurer la relève », a-t-il déclaré.
Enfin, faut-il déduire de cette rencontre que Nasrallah appuie la candidature de Aoun à la présidence de la République ?
« Nous n’avons pas abordé ce sujet, a répondu le secrétaire général du Hezbollah. Mais il est certain que nous considérons le général comme un candidat sérieux et réel, doté des aptitudes nécessaires. Lorsque l’échéance électorale approchera, nous en parlerons sérieusement. »
Au bout de trois quarts d’heure, il a fallu mettre un terme à cette conférence de presse. Mais la question qui n’a pas été posée et qui reste dans tous les esprits est la suivante : si le document avait été préparé à l’avance et que Michel Aoun et Hassan Nasrallah n’avaient qu’à apposer leur signature, que se sont-ils dit pendant les deux heures qu’a duré l’entretien ? La réponse est loin d’être évidente.

Scarlett HADDAD

 

Source: L’ORIENT LE JOUR

 

One thought on “Informations-chocs à l’appui, l’Alliance du 14 mars accuse la Syrie de vouloir faire du Liban un deuxième Irak

  1. sur le point de la conference de presse du 14 mars, j ai l impression que c est plutot un moyen de sauver la face apres la baffe qu ils ont recu en etant en faillite securitaire
     
    s ils etaient vraiment au courant de cela, cela voudrait dire qu ils auraient infiltrés les services syriens, cela voudrait dire qu ils auraient pu arreter les violences , cela aurait voulu dire que c etait en fait le liban qui controlait la syrie.
     
    mais voila c est le contraire
     
    je pense aussi que meme si c est la syrie qui etait coupable, ce ne sont que des soubressauts d un regime agonisant, qu on ne sait pas encore remplacer.
    j n ai pas envi d avoir une republique islamique syrienne et je pense que les amerlocs ont compris ca:
    ca ouvrirait un autre front en irak
    ca generait les israeliens et donc aussi a priori les libanais.
     
    quel que soit le regime en syrie , il aurait tjrs un objectif de controler le liban, et je prefere dans cette optique un regime faible a damas qu un regime fort et islamique de surcroit.
     
    de plus ca n enleve en rien la responsabilité d inaction du gouvernement libanais et on dirait qu il cherche a cacher cela:
    si telle etait la verité, comment les services de securité libanais n ont ils pas interceptés ces bandes de sauvages traversant le liban avant d arriver a beirut, armés de bombonnes de gaz et de cocktails molotov.
    il y a eu une complicité passive du gouvernement dans ce sens.
     
    le hezbollah lui a annulé sa participation 1 jour auparavant en connaissance de cause (et aussi a interdit l acces aux quartiers chretiens par les acces qu il controlait) il etait donc au courant
    le gouvernement etait au courant il n a pas pris de mesures
    dar al fatwa etait au courant ils n ont pas annulé
    la catastrophe etait previsible.
     
    de plus vu la montée de l islamisme salafiste dans cette region (hamas , emeutes anti coptes en egypte etc…) le veritable danger est islamique salafiste a base sunnite.
    il menace les elements moderés sunnites, les chretiens et les chiites.
     
    pour rappel kabbani qui dirige dar al fatwa a tjrs ete plus virulent pdt la guerre civile du liban que fadallah, pour rappel , le hezbollah n a pas eu de sens chretien sur la main durant cette periode.
     
    on a une convergence d interet dans ce sens entre le CPL et le hezbollah qui part ce document devient LIBANAIS (cf mon blog)
     
     c est dans ce sens que tt prend forme

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