Nouvelles révélations de Khaddam à al-Arabiya ce soir

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Rustom Ghazalé refait surface pour démentir son suicide et se dit prêt à « mourir en martyr »

 

 

Les révélations de l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, à la chaîne al-Arabiya n’ont pas fini de susciter des remous, particulièrement en Syrie, d’autant que ses propos ont été immédiatement suivis d’effets, avec la demande adressée par la commission d’enquête internationale à la Syrie pour entendre les dépositions du président syrien Bachar el-Assad et du ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk el-Chareh. Une demande qui pourrait bien se solder, selon certains analystes, par une réponse négative de Damas, ce qui relancera la confrontation entre la Syrie et la communauté internationale, malgré la bonne volonté affichée précédemment – mais sous la pression – par le régime syrien au sujet de la collaboration avec l’ONU dans l’attentat du 14 février qui a coûté la vie à Rafic Hariri.
Selon des sources bien informées, l’ancien responsable du dossier libanais à Damas devrait faire de nouvelles révélations fracassantes ce soir, toujours sur al-Arabiya.
L’une des conséquences de la « bombe » Khaddam a été, hier, la montée au créneau de l’une des figures prépondérantes du régime syrien les plus salies par l’ancien vice-président syrien dans le cadre de son déballage général : il s’agit de l’ancien chef des SR syriens au Liban, le général Rustom Ghazalé, qui a dû s’exprimer à l’antenne de la chaîne al-Jazira pour démentir une rumeur circulant à Beyrouth et à Damas selon laquelle il s’était – ou « avait été » suicidé.
« Si mon administration me demandait de mourir en martyr, je suis prêt (…) et si elle me demandait aussi de démissionner, je suis aussi prêt », a affirmé le général Ghazalé dans un entretien diffusé par al-Jazira.
Abdel Halim Khaddam l’avait rendu responsable de la détérioration de la situation au Liban avant le retrait des troupes syriennes.
Prié de commenter la demande de la commission d’enquête d’entendre le président syrien, Bachar el-Assad, et son ministre des Affaires étrangères, Farouk el-Chareh, M. Ghazalé a estimé que c’était « au commandement politique de décider » s’ils allaient y accéder. « Nous sommes engagés à respecter toutes les résolutions internationales tout en respectant la souveraineté nationale », a-t-il poursuivi.

L’interrogatoire d’Assad
impossible, selon le Baas
Sur un autre plan, un haut responsable syrien a confirmé hier que Damas avait reçu une demande d’audition de personnalités syriennes de la part de la commission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri.
Interrogé par l’AFP, ce responsable syrien, qui a requis l’anonymat, a répondu : « La demande est arrivée dimanche », se refusant à toute autre précision.
Selon le quotidien al-Hayat, Detlev Mehlis a envoyé une liste de noms d’actuels et d’anciens responsables, dont celui de M. Chareh, qu’il souhaite voir à Vienne.
« On ignore si Mehlis a accordé un délai d’une semaine pour mener les interrogatoires », ajoute al-Hayat, rappelant que M. Mehlis doit passer la main vers le 10 janvier à son successeur, le juge belge Serge Brammertz.
De son côté, un analyste et cadre du parti Baas, Ahmad Hajj Ali, a écarté l’éventualité d’une rencontre entre M. Assad et la commission.
« Cela est impossible car il s’agirait d’une atteinte à la souveraineté, d’une part il n’existe aucun argument juridique permettant une entrevue entre le président et la commission et, d’autre part, cela conduirait à une politisation de l’enquête », a dit M. Hajj Ali à l’AFP.
« Nous avons été surpris par la demande de la commission alors que nous nous préparions à mettre en doute les conclusions de l’enquête après la défection de deux témoins », a-t-il ajouté.
Il a estimé que la demande de la commission d’enquête survient après les déclarations de M. Khaddam.

Otri accuse Khaddam
de « trahison »
Initiée le soir même de l’entretien accordé par Abdel Halim Khaddam à al-Arabiya, la campagne contre l’ancien vice-président syrien s’est poursuivie de plus belle à Damas.
Hier, c’était au tour du Premier ministre syrien, Mohammed Naji Otri, de qualifier de « traître » l’ancien vice-président.
« Abdel Halim Khaddam a trahi la patrie et les valeurs patriotiques. Il a accepté de devenir le serviteur des forces étrangères qui veulent porter atteinte aux positions de la Syrie », a dit M. Otri, cité par l’agence officielle SANA, lors d’une réunion du gouvernement,
« Khaddam était opposé aux réformes et à la démocratie. Il a falsifié la vérité » lors de son interview, a poursuivi le responsable syrien.

Réactions à Beyrouth
L’onde de choc du discours de Abdel Halim Khaddam ne s’est pas limitée à Damas. Les révélations de l’ancien vice-président syrien et leur impact sur le cours de l’enquête internationale continuent de susciter des réactions à Beyrouth.
Ainsi, le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, a-t-il affirmé hier, en évoquant la mémoire de Gebran Tuéni : « Les pressions (sur le Liban) se poursuivent et ne s’arrêteront pas. Elles étaient autrefois directes, à travers le régime sécuritaire libano-syrien, et maintenant elles s’expriment à travers les assassinats. » « Les pressions se poursuivent, mais les contre-pressions aussi, et le Liban tiendra. D’ailleurs, la commission d’enquête est sur le point de mettre le doigt sur la véritable plaie et se dirige vers les criminels là où ils se trouvent », a-t-il ajouté.
Pour sa part, l’ancien président Amine Gemayel a estimé dans un entretien à al-Jazira que la commission d’enquête avait déjà décidé d’interroger MM. Assad et Chareh avant les déclarations de M. Khaddam. Selon lui, les propos de l’ancien vice-président syrien sont venus confirmer le contenu du rapport Mehlis, notamment concernant l’implication de certains responsables syriens dans l’affaire Hariri. M. Gemayel a estimé qu’il était difficile de mettre en doute la parole de M. Khaddam, qui était le numéro deux du régime lorsque l’attentat s’est produit, et qui est donc au courant des plus petits détails. Par conséquent, ses propos sont un atout considérable pour l’enquête, a-t-il souligné. Un point de vue exprimé également par le bloc parlementaire du Courant du futur, réuni hier à Koraytem.

 

Source: L’ORIENT LE JOUR