LA VIE N’EST PLUS AUSSI ROSE POUR LE REGIME SYRIEN…

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Bachar al-Assad convoqué à la barre de l’ONU

Le président syrien sommé de s’expliquer sur l’assassinat de Rafic Hariri au Liban.

 
 
Pour la première fois depuis l’assassinat de Rafic Hariri, le régime syrien donnait hier l’impression d’avoir été touché en dessous de sa ligne de flottaison. En impliquant vendredi directement Bachar al-Assad dans l’attentat (Libération d’hier), le vice-président démissionnaire, Abdel Halim Khaddam, a non seulement relancé l’enquête de l’ONU, qui s’essoufflait avec la défection de deux témoins clés et le départ du juge Mehlis, mais il a aussi placé le président syrien au centre du complot visant à éliminer l’ancien Premier ministre libanais. En même temps, ses déclarations à la chaîne Al-Arabiya vont sans doute stopper la contre-offensive syrienne en cours, qui cherchait à faire tomber le gouvernement libanais. Hier, la commission d’investigation a réagi en demandant à s’entretenir à la fois avec Bachar al-Assad et Farouk al-Chareh, le ministre syrien des Affaires étrangères, ce qui lui avait déjà été refusé dans le passé. Elle a aussi souhaité, selon sa porte-parole Nasrat Hassan, «rencontrer le plus tôt possible» Khaddam.

 

par Jean-Pierre PERRIN
QUOTIDIEN : mardi 03 janvier 2006

 

 

 

 

Damas refuse d’être auditionné

 

 

La commission d’enquête de l’ONU veut entendre les dirigeants syriens.

 Le régime syrien a laissé entendre, hier, qu’il allait répondre par la négative à la nouvelle demande d’audition de ses dirigeants par la commission d’enquête de l’ONU. Celle-ci est arrivée dimanche à Damas, soit deux jours après les accusations fracassantes d’Abdel Halim Khaddam, le vice-président syrien démissionnaire, impliquant le président Bachar el-Assad dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.

L’été dernier, le juge allemand Detlev Melhlis avait déjà demandé à interroger le chef de l’Etat et ses proches mais Damas avait refusé. La même réponse négative est attendue. Hier, Hajj Ali, cadre du parti Baas et analyste «officiel» du régime, a en effet écarté l’éventualité d’un interrogatoire de Bachar : «Cela est impossible car il s’agirait d’une atteinte à la souveraineté. D’une part, il n’existe aucun prétexte juridique permettant une entrevue entre le Président et la Commission et d’autre part cela conduirait à une politisation de l’enquête.» En revanche, l’ancien homme fort de la Syrie au Liban, le général Rostom Ghazalé, s’est déclaré prêt à se sacrifier pour son pays. «Si mon administration me demandait de mourir en martyr, je suis prêt (…) et si elle me demandait aussi de démissionner je suis aussi prêt», a-t-il assuré à la chaîne qatariote Al-Jazira. Khaddam l’avait mis en cause en le rendant responsable de la détérioration de la situation au Liban avant le retrait forcé des troupes syriennes en avril.

Pression sur l’ONU. L’effet «tsunami» ­ expression de la presse des Emirats ­ des accusations de Khaddam continue à agiter les dirigeants arabes. Hier, Hosni Moubarak a fait une visite éclair à Djeddah où il s’est entretenu de la question syrienne avec le roi Abdallah d’Arabie saoudite. Depuis plusieurs semaines, les deux hommes s’employaient à sauver le régime baasiste dans la crainte que sa chute fasse de la Syrie un second Irak. Abdallah s’était même vanté d’avoir fait pression sur l’ONU pour empêcher la Commission d’aller trop loin. A l’évidence, la charge lancée par Khaddam les prend à contre-pied. Au Liban, Ghassan Tuéni, 79 ans, patron du grand quotidien libéral an-Nahar et grande figure morale libanaise, a annoncé hier sa candidature à la succession de son fils, Gibran, assassiné le 12 décembre, au siège de député grec-orthodoxe de Beyrouth.

 

par Jean-Pierre PERRIN
QUOTIDIEN : mercredi 04 janvier 2006

 

 

Source: LIBERATION

 

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