Assassinat Hariri: l’ancien vice-président syrien accuse Damas

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DAMAS (AFP) – Les accusations du vice-président syrien démissionnaire Abdel Halim Khaddam contre Damas dans l’assassinat de l’ancien dirigeant libanais Rafic Hariri portent un nouveau coup dur au régime du président Bachar el-Assad, déjà sous grande pression internationale.

Les déclarations de M. Khaddam vendredi à la chaîne Al-Arabiya interviennent un peu plus de deux mois après le suicide du ministre syrien de l’Intérieur Ghazi Kanaane.

Les deux hommes étaient liés et considérés comme des piliers du régime sous le défunt président Hafez el-Assad, décédé en 2000. Ils avaient joué un rôle important au Liban avant d’être écartés progressivement du dossier libanais par Bachar el-Assad. M. Khaddam a affirmé sur Al-Arabiya que le président syrien ne pouvait pas ignorer le projet d’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, car "aucun service de sécurité syrien ne peut prendre une telle décision unilatéralement".

L’attentat contre Hariri, en février à Beyrouth, a provoqué le départ précipité, en avril, sous la pression internationale et populaire, des troupes syriennes qui stationnaient au Liban depuis près des trente ans. Le chef de la commission d’enquête de l’Onu Detlev Mehlis, chargé de faire la lumière sur cet assassinat, a indiqué avoir réuni "des preuves convergentes" contre la Syrie dans deux rapports d’étape présentés en octobre et décembre au Conseil de sécurité de l’Onu.

Et mi-décembre, il s’était dit "parfaitement convaincu que la Syrie est responsable de l’assassinat de Hariri". Les déclarations de M. Khaddam ont été occultées par les médias syriens. Le député syrien George Jabbour, interrogé par Al-Arabiya, a cependant souligné que "Khaddam ne doit pas oublier qu’il faisait partie du gouvernement et qu’il avait joué un rôle important dans la politique étrangère du pays".

Un analyste syrien, qui a requis l’anonymat, s’est interrogé sur "la pertinence et le timing des déclarations de Khaddam, alors que les pressions sur la Syrie commençaient à diminuer à la veille de la nomination d’une nouvelle personne à la tête de la commission d’enquête internationale", le magistrat belge Serge Brammertz. "La bataille du régime a commencé à Damas", a estimé pour sa part un député de la majorité parlementaire libanaise. "Khaddam a mis en cause la légitimité du régime", a-t-il dit, sous couvert d’anonymat.

Le Conseil de sécurité exige de la Syrie de "coopérer pleinement" avec la commission d’enquête internationale sous peine de sanctions. La confirmation par M. Khaddam des menaces proférées par le président Assad contre Hariri, quelques semaines avant son assassinat, pourraient conforter les soupçons contre Damas et apporter de l’eau au moulin du successeur de Mehlis, estiment les analystes.

Bachar el-Assad a menacé "d’anéantir tous ceux qui enfreindraient sa décision" de reconduire le président Emile Lahoud à la tête du Liban contre l’avis de Hariri et de la plupart des responsables libanais, a affirmé M. Khaddam. M. Khaddam a en outre rendu l’ancien chef des renseignements syriens au Liban, Rustom Ghazalé, responsable de la dégradation de la situation au Liban, l’accusant de s’être "comporté en maître absolu" du pays. En octobre, le régime syrien a déjà été ébranlé par le suicide du ministre de l’Intérieur, Ghazi Kanaan, prédécesseur de Rustom Ghazalé.

MM. Kanaan et Khaddam s’étaient opposés à la reconduction du président Lahoud, qui avait été soutenue par le ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh. M. Khaddam a par ailleurs rendu M. Chareh responsable de la mise sous pression internationale de la Syrie après le vote, par le Conseil de sécurité, d’une résolution réclamant le départ des troupes syriennes du Liban et le désarmement du mouvement chiite Hezbollah, allié de Damas.

 

Source: AFP le 31/12/2005 à 11h48

 

One thought on “Assassinat Hariri: l’ancien vice-président syrien accuse Damas

  1. just un chtit commentaire, cette declaration tlass, khaddam et feu kannaan (le suicidé) font partie des pro americains du regime syriensa declaration illustre aujourd hui la lutte entre les 2 axes au moyen orient, un axe syro- iranienun autre axe americano , golfo , irako , israelien de fait, khaddam la se place comme un successeur possible sunnite dans le cadre de cet axe si le regime syrien actuel saute maintenant il ne fait que confirmer ce qu on sait ts deja

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