Le patriarche au président de la république

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Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a tenu hier un discours plutôt pessimiste devant les journalistes en poste à Bkerké, qui lui ont rendu visite pour lui souhaiter une bonne année 2006


 

Le patriarche au président de la république

 

L’histoire retiendra la position que vous prendrez

 

Ils nous mènent là où ils veulent. Qu’ils nous laissent tranquilles, déclare Sfeir.

 

Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a tenu hier un discours plutôt pessimiste devant les journalistes en poste à Bkerké, qui lui ont rendu visite pour lui souhaiter une bonne année 2006. « Il est normal que les gens aient peur du fait des événements inquiétants qui se sont produits et qui se poursuivent. Mais nous ne devons pas perdre espoir. Il faut rester optimiste », a-t-il dit, avant de poursuivre : « Nous sommes aptes à être menés, et ils sont en train de nous mener là où ils veulent. Qu’ils nous laissent tranquilles. Ce qui se passe est très dangereux. »

 

Mgr Sfeir a quand même espéré que la nouvelle année apporte tranquillité et paix, pour que « chacun de nous travaille pour la collectivité et non pour sa propre personne ». « Nous devons, en tant que Libanais, être solidaires en faveur de notre pays . Il y a des éléments qui nous poussent à être optimistes. Le Liban dispose de beaucoup de talents et de compétences, mais il est dommage qu’ils aillent à l’étranger au lieu de servir leur pays », a-t-il dit. Le patriarche a, en outre, reçu les félicitations d’une série de responsables politiques, notamment de l’ancien président de la Chambre, Hussein Husseini, de l’ancien président du Conseil, Omar Karamé, et du vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan. Dimanche, le patriarche Sfeir avait célébré également à Bkerké la messe de Noël, en présence du président de la République, Émile Lahoud, du ministre de la Justice, Charles Rizk, et du député Samir Azar.

 

Dans sa traditionnelle homélie qu’il a en partie adressée au président Lahoud, Mgr Sfeir a évoqué les quinze attentats qui ont marqué l’année 2005, dont « certains ont causé d’importantes destructions dans les institutions et les propriétés, alors que d’autres ont été la base d’horribles assassinats qui ont fait porter le deuil au pays, et qui ont paralysé la plupart des secteurs ».

 

 Votre Excellence, qui êtes à la tête de l’État, assume la responsabilité de conduire le Liban vers ce qui assure la tranquillité de ses fils, et d’œuvrer en vue de préserver la Constitution, d’assurer la cohésion nationale et de dépasser les critiques et les calomnies, quelles que soient leurs origines », a déclaré le patriarche, avant d’ajouter cependant : « Et s’il ne parvient pas à le faire, il reste le seul arbitre pour dire si son départ ou sa démission profite ou porte atteinte à la dignité de la présidence. Après tout, l’histoire retiendra, en votre faveur ou contre vous, la position que vous prendrez afin d’améliorer la situation de votre patrie pour laquelle vous avez toujours travaillé en tant que commandant en chef de l’armée et président du Liban. » « Quant à nous, nous ne possédons que la prière pour que Dieu vous inspire ce qui préservera la dignité du président et de la présidence, et qui assurera la tranquillité des Libanais », a-t-il conclu.

Avant la messe, le patriarche Sfeir s’était entretenu pendant près d’une heure avec le président Lahoud, qui a qualifié la rencontre d’« excellente ». Des sources proches de Baabda ont indiqué que les discussions ont porté sur l’ensemble de l’actualité locale et régionale, en soulignant « l’entente complète » qui a caractérisé les débats.

 

La version de Baabda

Selon ces mêmes sources, la question présidentielle n’a absolument pas été abordée, si ce n’est d’une manière indirecte par le président Lahoud lui-même qui aurait exprimé encore une fois son intention de rester à son poste, en estimant qu’une nouvelle loi électorale devrait être mise en place afin d’assurer la représentation de tous les courants politiques libanais, pavant ainsi la voie à l’élection d’un nouveau président « dans deux ans », qui puisse « poursuivre le processus de changement ».

Les milieux de Baabda ont ensuite indiqué que les principaux axes abordés par le président dans son entretien à Bkerké concernent essentiellement « les ingérences de certains États » dans les affaires libanaises, la question des attentats et des assassinats, celle des menaces qui visent certaines personnalités, en soulignant enfin la nécessité d’une nouvelle loi électorale représentative, M. Lahoud ayant en outre indiqué qu’il se serait également abstenu de présider les séances du cabinet si les ministres qui ont suspendu leur participation étaient sunnites, druzes ou maronites.

Les sources se sont alors lancées dans une lecture assez particulière de l’homélie patriarcale, fustigeant ainsi ceux qui y ont vu un appel à la démission du président. Selon elles, le patriarche a renouvelé dans son homélie son refus de tout mouvement de rue visant à destituer M. Lahoud, et a souligné également sa « confiance » dans les « capacités » du président à aborder la question présidentielle de manière à préserver les intérêts du pays. En faisant référence à la « prière », Mgr Sfeir aurait, en outre, exprimé sa volonté de rester à l’écart du débat politique concernant cette affaire, « puisque le patriarche ne peut prendre partie avec un camp et contre un autre, surtout si sa communauté est divisée sur la question », ont-elles conclu.

 

Source: L’ORIENT LE JOUR

 

One thought on “Le patriarche au président de la république

  1. Je suis "tombé" par hasard sur votre blog et je suis soudainement triste . Le Liban , j’y suis allé comme casque bleu FINUL . Personnellement , j’ai toujours dit NUL pour cette neutralité imbécile . Si je suis comme ça maintenant , c’est surtout le fait de mauvais souvenirs au Liban . J’adore ce jardin d’eden qu’est le Liban , et l’eau y est si bleu , et votre peuple si grand !Encore je souhaite du plus profond de mon coeur (si j’en ai encore un ) LA PAIX !!! Quel malheur ! Excusez mon énervement mais j’ai les trippes qui se tordent quand je repense à mon service chez vous , Votre Patrie . VIVE LE LIBAN LIBRE !!! SURTOUTN’ABANDONNEZ JAMAIS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!ONU=bande de ………………………………………………………………………..;Bonnes fêtes de fin d’année à vous tous Libanaises et Libanais !Un Français qui "saigne" encore pour votre pays .

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