Attentats au Liban: le gouvernement veut un tribunal international

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BEYROUTH (AFP) – Beyrouth était sous le choc mardi au lendemain de l’assassinat du député et journaliste antisyrien Gebrane Tuéni, qui a conduit le gouvernement à réclamer un tribunal international au risque de provoquer une crise ministérielle en raison des réticences de ses ministres chiites.

La coalition des forces antisyriennes au Liban a accusé mardi le régime syrien de l’assassinat du député et journaliste Gebrane Tuéni et veut trancher le sort du président prosyrien Emile Lahoud, dont le mandat avait été reconduit sous la pression de Damas.

La situation était calme mais tendue à Beyrouth mardi matin. La circulation était fluide et de nombreux commerces avaient gardé leurs rideaux baissés alors que les patrouilles de l’armée étaient renforcées.

Les écoles et les universités ont fermé leurs portes sur décision du ministre de l’éducation, Khaled Kabbani. L’association des commerçants de Beyrouth a appelé à une grève de protestation à partir de mardi après-midi.

La coalition des partis et personnalités antisyriennes a décidé de tenir dans la journée une réunion dans les locaux du quotidien An Nahar, dont Gebrane Tuéni était directeur général, afin de relancer la mobilisation populaire antisyrienne.

"Cette mobilisation vise à faire face à la machine infernale qui tue les Libanais et qui n’a pas été mise hors d’état de nuire. La planification de l’assassinat a eu lieu à Damas et les agents libanais de la Syrie se sont chargés de l’exécution", a affirmé le député Akram Chouhayeb, membre de la majorité parlementaire.

Plusieurs journaux libanais ont accusé la Syrie, qualifiant Gebrane Tuéni de "nouveau martyr de l’indépendance". "Le régime sécuritaire syrien assassine Gebrane Tuéni", titre sans ambages le quotidien Al-Mostaqbal appartenant à la famille Hariri.

"Gebrane Tuéni n’est pas mort et le combat d’An-Nahar continue", écrit en une le quotidien libéral à grand tirage. Le propriétaire du journal, Ghassan Tuéni, septuagénaire et père de la victime avait donné le ton lundi en affirmant aux collaborateurs effrondrés de son fils: "Je ne veux pas de larmes. Notre combat continue".

Au plan politique, la crise au sein du gouvernement de coalition a éclaté au grand jour. Les cinq ministres chiites représentant le Hezbollah et le mouvement Amal, tous les deux proches de Damas, ont annoncé lundi la "suspension" de leur participation au gouvernement.

Le cabinet a réclamé lundi soir un tribunal international sur l’assassinat de Rafic Hariri et une enquête internationale sur les autres attentats ayant secoué le Liban depuis plus d’un an, poussant ainsi les ministres chiites prosyriens à boycotter le gouvernement.

Mohammad Fneich, ministre de l’Energie et membre du Hezbollah, a toutefois tenu à souligner qu’"à ce stade il ne s’agit pas d’une démission".

"Il est très possible que nous acceptions par la suite la proposition du tribunal et de l’enquête internationale (…) après avoir pris le temps de l’examiner en profondeur", a-t-il précisé.

Ces positions en demi-teinte illustrent le malaise du Hezbollah et d’Amal qui monopolisent la représentation politique chiite, estime l’ancien président Amine Gemayel.

"Le Hezbollah et Amal ont tout intérêt à préserver l’unité du gouvernement et du pays à un moment où leur position sur le plan national et international est inconfortable", a-t-il déclaré.

Le chroniqueur du journal An Nahar Sarkis Naoum a récemment souligné la fragilité d’un Liban dont le gouvernement ressemble de plus en plus à "une fédération de confessions".

Formé le 19 juillet à la suite d’élections législatives qui ont dégagé une majorité parlementaire antisyrienne, le gouvernement de coalition compte 24 ministres dont cinq chiites agrées par le Hezbollah et Amal.

Il est dirigé par Fouad Siniora, principal collaborateur de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné le 14 février.

 

Source: AFP 13/12/2005 15h00

 

2 thoughts on “Attentats au Liban: le gouvernement veut un tribunal international

  1. Juste quelques mots pour dire effectivement ces attentats questionnent notre patriotisme : le patriotisme n’est pas l’idolatrie d’un leader ou le soutien incontesté à celui ci … le patriotisme c’est l’amour de son peuple et de son pays … nous aimons notre pays je n’en ai jamais douté mais aucun d’entre nous ne possède exclusivement les clefs de la victoire nous devons rester unis pour faire front perdre l’habitude des clans qui nous divisent … de plus je suis LF w l 7akeem a dit clairement je l’ai vu sur LBC que nous devons avoir uniquement le drapeau du Liban … aussi je veux dire que si on veut être pris au sérieux en europe et partout dans le monde il faut envoyer un message clair et cohérent à la communauté internationale facilement relayable par les médias et donc facilement intégré par les opinions publiques du monde … un seul drapeau un seul peuple … un seul et même cri d’espoir … " on continue " …Merci Patricia pour ce blog le net français en a besoin. Effectivement, ce serait utile de publier les annonces concernant les meetings et manifestations en France, Luxembourg, Suisse et Belgique G’ bless U all G’ bless Lebanon

  2. l espoir decu du 14 mars 2005 est du au retour d un patriotisme communautaire et cela etait contraire a l attente de nombreux manifestants. il y en a vraiment marre de ce feodalisme politique qui protege ses interets en divisant par communauté, et qui de ce fait affaiblit le liban. il faut un liban libre, dont les institutions soient libres de tte interaction feodale et communautaire pour faire un liban fort insensible aux manipulation de nos voisins

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