Le régime syrien sous pression à l’ONU

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Une résolution devrait être votée cette semaine pour donner une dernière chance à la Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit aujourd’hui à New York pour examiner les suites

 

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit aujourd’hui à New York pour examiner les suites qu’il entend donner au rapport d’enquête mettant en cause de hautes personnalités syriennes et libanaises dans l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafik Hariri, en février dernier. Assez formelle, cette réunion permettra aux quinze membres du Conseil d’entendre le magistrat allemand Detlev Mehlis rendre compte des investigations qu’il a menées sous l’égide de la résolution 1595.

Déjà menées en coulisses depuis plusieurs jours, des tractations s’engageront alors officiellement pour la mise au point d’une résolution donnant à la Syrie une dernière chance de coopérer à l’enquête du juge Mehlis dont le mandat a été étendu jusqu’au 15 décembre par Kofi Annan. Ce texte, dont l’application est prévue au titre du chapitre VII de la Charte onusienne, devrait avoir une dimension contraignante.

Il reviendra ensuite au juge Mehlis d’indiquer avec quelle bonne volonté Damas s’est plié aux exigences de la communauté internationale. Dans la négative, «il y aura des suites», a déclaré hier Philippe Douste-Blazy. L’hypothèse de «sanctions ciblées» (gel de comptes bancaires et des avoirs à l’étranger, interdiction de voyager) n’est pas écartée à l’encontre des Syriens et des Libanais cités dans le rapport de Detlev Mehlis.

Côté français, on insistait hier sur la nécessité de «prendre le temps d’avoir une résolution qui contente tout le monde». La mise au point et le vote de cette résolution ne devraient donc pas pouvoir intervenir avant la fin de la semaine, voire la semaine prochaine. Une réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de sécurité devrait avoir lieu lundi prochain à New York. La date n’est pas anodine : ce 31 octobre devrait être présenté le rapport d’étape du Norvégien Terje Roed-Larsen concernant l’application de la résolution 1559 (adoptée en septembre 2004) qui demandait le retrait syrien du Liban. Un document qui devrait, lui aussi, incriminer l’implication persistante de la Syrie dans le jeu libanais, cette fois-ci à travers les camps palestiniens prosyriens, et notamment des trafics d’armes dont ces derniers ont pu bénéficier.

 

Côté américain, l’heure est à la fermeté

Côté français, on insiste pour dissocier ces deux rapports dont la sévérité à l’égard de Damas apporte de l’eau au moulin américain. Jusqu’à présent en effet, les deux partenaires ont pu conserver, bon an mal an, un semblant de convergence sur l’épineux dossier syrien. Mais cette fois, l’alchimie du consensus risque d’être particulièrement difficile à réaliser. Hier, lors d’une conférence de presse, Philippe Douste-Blazy a plaidé pour une approche progressive et strictement légaliste.

«Dans un premier temps, a-t-il dit, nous voulons la justice, toute la justice, rien que la justice. Il n’y a pas d’arrière-pensée politique.» «Restons dans le droit et l’unité de la communauté internationale sera là, y compris avec certains pays arabes», a ajouté le chef de la diplomatie française.

Côté américain, le ton de fermeté donné par George W. Bush dès la remise du rapport Mehlis, vendredi dernier, ne cesse se durcir. «L’heure est venue des vraies confessions pour le gouvernement syrien. Plus d’obstruction, plus de demi-mesures, nous voulons une coopération substantielle et nous la voulons immédiatement», a déclaré hier l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton.

Américains et Britanniques font chorus pour une «réaction urgente et forte». Des stratégies différentes pour un objectif commun – «amener la Syrie à coopérer pour que la justice passe» –, comme l’indiquait hier Philippe Douste-Blazy ? A Paris, on rappelait hier la priorité accordée à la «souveraineté du Liban». Façon de marquer la distance avec l’intention prêtée aux Américains de faire porter la résolution, outre l’affaire Hariri, sur le soutien syrien au terrorisme en général, ce qui pourrait concerner l’Irak, avec des sanctions économiques à la clé.

 

BY: LE FIGARO