L’ancien chef du PC Libanais assassiné à Beyrouth

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21/06/2005 11h28


La voiture de Georges Hawi après l’attentat le 21 juin à Beyrouth
©AFP – Ramzi Haidar

BEYROUTH (AFP) – L’ancien chef du Parti communiste libanais Georges Hawi, un proche de l’opposition antisyrienne, a été tué mardi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, trois semaines après l’assassinat de la même manière du journaliste Samir Kassir.

Cet attentat survient au lendemain des élections législatives qui ont donné la victoire à une coalition anti-syrienne regroupée autour du fils de l’ex-Premier ministre sunnite Rafic Hariri assassiné en février, Saad Hariri.

Georges Hawi, 65 ans, se trouvait dans sa voiture, une Mercedes, près de son domicile dans le quartier très commerçant de Wata Moussaytbeh lorsque l’explosion s’est produite à 10H00 locales (07H00 GMT). Il était assis près de son chauffeur qui conduisait la voiture au moment de l’attentat, ont précisé des témoins. Le chauffeur Ali Bazzi, blessé, a été transporté à l’hôpital, selon des sources à l’hôpital américain de Beyrouth.

L’explosion a projeté le véhicule à une vingtaine de mètres de l’endroit où elle se trouvait. Les équipes de secours se sont aussitôt rendues sur place. Les forces de l’ordre ont bouclé le secteur, qu’ils ont entouré d’un cordon jaune pour tenir à l’écart la foule visiblement sous le choc. Georges Hawi se rendait à un rendez-vous avec le chef du mouvement de la Gauche démocratique Elias Atallah, élu député du Liban nord, au moment de l’explosion.


George Hawi le 31 janvier 2004
©AFP/Archives – Moustafa Hamoud

"Il était un combattant pour la démocratie", a dit M. Atallah, estimant que cet attentat "n’est pas le dernier, à moins que des mesures soient prises pour arrêter le monstre" des services de sécurité et de renseignements. "J’ai vu Georges la semaine dernière. Il disait: +ils nous tueront tous si nous ne faisons pas quelque chose+, en parlant des services de sécurité syro-libanais", a indiqué Walid Fakhreddine, membre de la Gauche démocratique. Originaire du village de Bteghrine dans la montagne du Metn, à l’est de Beyrouth, Georges Hawi est une figure importante de la gauche libanaise depuis les années 1970 et a dirigé le PC libanais de 1976 à 1992. Homme de dialogue, il était un proche ami du leader socialiste druze Kamal Joumblatt, assassiné en 1977 près d’un barrage syrien durant la guerre civile (1975-1990). Il était également un des dirigeants du mouvement national (gauche) durant la guerre et un des fondateurs du "Front de la résistance nationale" qui avait combattu les forces d’occupation israéliennes au Liban entre 1982 et 1985.


Attentat contre George Hawi le 21 juin à Beyrouth
©AFP – Ramzi Haidar

Son assassinat a été largement condamné par la classe politique. "Il s’agit d’un nouvel épisode du complot qui vise l’unité du Liban depuis l’assassinat du martyr Rafic Hariri (…) Est-ce un hasard si ce crime qui vise un combattant national intervient quelques heures après la fin des élections tenues démocratiquement"? s’est interrogé le chef de l’Etat Emile Lahoud. "A chaque fois que l’Etat accompli une avancée, il y a des gens aux aguets qui envoie des messages sanglants", a déclaré le Premier ministre Nagib Miqati.

Pour le ministre de la Justice Khaled Kabbani, il s’agit d’une "tentative de frapper l’unité et la réconciliation nationale, après la tenue des élections législatives libres et démocratiques. Mais nous ne cèderons pas". Cet attentat est très similaire à celui qui a tué le 2 juin le journaliste et écrivain anti-syrien Samir Kassir dont la voiture explosé au coeur de Beyrouth. Tous deux étaient à bord de leur voiture au moment des attentats commis en plein jour. Les deux hommes pourfendaient ouvertement les différents services de sécurité libanais, surtout l’ex-chef de la sûreté générale Jamil el-Sayyed forcé à la démission à la demande de l’opposition après la mort de Rafic Hariri.

Dans ce cadre, la commission internationale de l’Onu chargée d’enquêter sur l’assassinat de Hariri a interrogé le chef de la Garde présidentielle, le général Moustapha Hamdane, l’un des cinq chefs de la sécurité accusés par l’opposition de cet assassinat.

Saad Hariri, dont la coalition vient d’obtenir la majorité absolue au sein du nouveau Parlement libanais, a été reçu mardi matin pendant une heure par le président Jacques Chirac, a annoncé l’Elysée. "Ils ont discuté des changements survenus au Liban à la suite des élections législatives", a indiqué sans autre détail la présidence. L’opposition anti-syrienne, menée par Saad Hariri et qui comprend le chef druze Walid Joumblatt, des opposants chrétiens et de gauche, a obtenu la majorité absolue dans le nouveau Parlement, après avoir gagné dimanche la rude bataille du Liban nord.

Saad Hariri est le fils de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre assassiné qui était un ami proche de M. Chirac. Le président français s’était rendu à Beyrouth le 16 février pour présenter ses condoléances à la famille, deux jours après son assassinat. Il avait déjà reçu en tête-à-tête le 21 avril dernier Saad Hariri qui venait d’être désigné par sa famille pour poursuivre la "mission politique et nationale" de son père.

3 thoughts on “L’ancien chef du PC Libanais assassiné à Beyrouth

  1. un bonjour rapide pour venir aux nouvelles car je n’en ai as depuis un petit moment! j’espère que ça va et que c’est parce que tu profites du soleil lol bisous et à très vite??

  2. Une petite marque de mon passage chez toi !Toujours aussi sensible ton blog !merci de nous faire partager tes momentscordialement(¯`·._(¯`·._ Chris _.·´¯)_.·´¯)

  3. bonjour bonjour, je viens aux news, savoir comment ça va? et te dire que j’ai lancé un ptit questionnaire dans mon dernier billet… alors si tu as deux minutes ce serai cool d’y répondre lol, il me faut les idées de chacun lol! passe un bon lundi, bisous et à très vite

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